En réponse à quelques questions posées sur la liste privée de l'association dont je fais partie.

Pouvez vous me dire comment se passe l'instruction pour vos enfants ?

Les débuts

Nous avons commencé par des apprentissages formels. J'avais dépensé une fortune en manuels consciencieusement choisis, et commandé des cours par correspondance.

Une catastrophe. Innéficacité et conflits au RDV. Il n'y a rien à faire, les enfants déscolarisés ont besoin d'une cure de désintoxication scolaire.

En roue libre

Une période de unscho à suivi, puis 6 mois d'école en Belgique, plutôt un bon souvenir, et re-unschooling-désintoxicant.

Aujourd'hui, tous réclament de refaire "l'école à la maison".

On verra combien de temps cela va durer!

Des lendemains plus construits

Donc, nous avons le projet de reprendre "sérieusement" les cours de maths des frères Lyons, et quelques cours par correspondance (notamment pour les langues anciennes) avec EAD (les cours belges par correspondance, pour leur pédagogie et le faible coût).

Nous allons aussi "intensifier" les manipulations. J'ai en effet été très surprise des résultats, en fin d'année scolaire, de ce que je ne considérait pas comme un apprentissage si efficace.

Notamment pour Jeanne, qui est dyscalculique, mais aussi pour César et Anaïs.

Au quotidien

Je pense que les enfants passe très tôt, (trop) à l'abstraction, bien souvent sans passer par la case "manipulation" qui construit des acquis durables et performants, sans trop solliciter la mémoire de travail à court terme.

Concrètement, les enfants travaillent selon leur propre rythme. César est "du matin", Anaïs, pas du tout.

Souvent, avant le petit-déjeuner, César a déjà lu, ou étudié quelque chose.

On essaie de se modeler sur un étude le matin, quartier libre l'apm et souvent une petite rediffusion en fin d'apm sauf s'il y a des loisirs.

Mais l'été (mes enfants sont très demandeurs d'apprentissages en juillet?!?!), c'est plutôt boulot l'apm, quand il fait trop chaud dehors.

Les enfants travaillent souvent ensemble: Anaïs et Jeanne pour un animalier exposant les ordres, etc...des mammifères, César et Jeanne pour un blog ou une leçon d'histoire, tous ensemble avec moi pour une leçon de sciences avec un DVD de l'histoire de la vie, ou un goûter philo sur la politique. César qui assiste à un cours de maths formel avec des ados préparant le brevet sans que je le lui demande. Jeanne qui manipule du matériel avec Héloïse.

Lorsque je fais quelque chose de particulier avec un enfant, un deuxième s'occupe seul de son instruction et le 3 ème des petits, et cela tourne.

Certaines familles ont des horaires 9H-12H réglés comme une horloge. Très efficace. Pas trop dans notre culture familiale, mais largement suffisant, et vraiment très efficace.

Il m'arrive de faire des leçons formelles, sur l'adverbe par exemple. C'est si rare que les enfants me passent cette excentricité en étant relativement concentrés.

Ah!, on a lâché le mot.

Car ce qui est spectaculaire, aussi, c'est la capacité de concentration que les enfants développe tout à coup au sport, au cours de musique, de théâtre. Et là, la différence avec les enfants scolarisés est énorme.

Comment le vivent t-ils ?

Les miens ont vraiment été marqué par une foule de choses négatives à l'école.

Parfois, surtout après un contact intensif avec des enfants scolarisés (stage de sport, etc...); ils imaginent que se serait sympa d'y retourner. Puis arrive la longue litanie de tout ce qui ne l'est pas du tout.

De toute façon, ils savent que tout est possible, même un retour à l'école. C'est leur choix. Il existe une classe (trop éloignée pour nous) d'enfants dyspraxiques qui va s'ouvrir pour des 6ème, 5ème, cela plairait à César, qui verrait là un moyen de ne pas être "différent". Mais on ne sait pas du tout ce que cela va donner...

Jeanne a été profondément, psychologiquement marquée par son CP alors que nous croyions que cela se passait bien.

Héloïse exècre l'école alors qu'elle n'y a jamais mis les pieds.

Je pense que les maternelles plairait à Ulysse, pour le côté cour de récréation.

En général, ce qu'ils en pensent, c'est qu'ils aiment être ensemble, étudier ce qui les intéresse, avoir tout de suite ou presque des réponses aux questions. Ne pas se stresser de grand matin (moi aussi!).

N'est-ce pas trop lourd pour vous ?

Ce qui est lourd, ce sont les tâches ménagères et administratives pour une famille de 7 personnes!

Je ne dois plus me battre avec tous les intervenants scolaires, mes enfants s'épanouissent (bonjour le stress qui s'envole). De nombreux soucis de santé ont disparus (estomac; eczéma, angine, otite,....).

Beaucoup de travail, mais dans de bonnes conditions et beaucoup de souplesse et d'adaptabilité!

Qu'envisagez vous pour Anaïs après le collège ?

Et bien, on y est!

Depuis longtemps, Anaïs pensait retourner à l'école après le brevet.

L'échéance approchant, elle a repoussé l'idée. Elle y a passé 4 semaines, aux USA, en mars.

J'envisage surtout de lui laisser prendre une décision!

Sinon, ce ne sera pas tenable!

Par contre, je l'ai "sommée" de prendre une décision et de s'y tenir, pour la fin de cet été. En lui présentant tout le panel de possibilités.

Anaïs a des ambitions (une école de journalisme) qui implique qu'elle passe le BAC et qu'elle aille à l'université.

Donc, même si elle a réussi son brevet sans travailler (si, si!), il va falloir qu'elle se donne les moyens de réaliser ses ambitions.

Je ne peux que lui insuffler l'énergie!

A priori, pour l'an prochain, comme ses frères et soeurs, le projet que j'ai décrit plus haut.