Peut-on réussir le brevet sans l'avoir préparé avec des cours par correspondance ou des manuels? La question nous a été posée, puisque c'est ce qui s'est passé pour notre aînée.

Mon mari, lui, a été littéralement sidéré de voir Anaïs réussir le brevet de cette façon.

Pour les maths, j'avais commandé les cours des frères Lyons, mais cela générait malgré tout des torrents de larmes. Au bout de 2 lectures, j'ai arrêté. Le brevet nous a permis de nous apercevoir que la phobie scolaire n'était pas une vieille rengaine enterrée et qu'elle pouvait tout à fait nous jouer un air de "revenez-y".

Nous avons utilisé le coffret "Architekt" de leur programme, tous les jours pendant les vacances de Pâques (avec un jeune voisin en 3 ème en difficulté) et plusieurs fois par semaine, en dehors de ces vacances,  pendant 3 ou 4 mois.

Ce matériel permet une "conversation sociale" sur les mathématiques, en plus des structurations de pensées qu'il construit. Nous avons également utilisé le "Mathador", en arrêtant les parties lorsque cela semblait trop long.

A part cela, 2 choses: des fractions avec des pizzas et des gâteaux de papiers. Et des puissances.

Il est indispensable de comprendre que lorsque l'on calcule "a" au carré, on dessine un carré (le calcul de l'aire du carré est longueur fois largeur; a fois a, donc a carré) et que c'est une surface.

Et que pour "a" au cube, on dessine un cube (longueur fois largeur fois hauteur), et là, c'est un volume.

Avec a puissance 4, on explore la "quatrième dimension", ou la 8 ème, etc... et on délire un peu sur ce que cela pourrait-être.

Du coup, lorsqu'il faut convertir des mesures, on comprend pourquoi c'est 2 colonnes quand il s'agit de surface et 3 quand il s'agit de volumes.

Avec les fractions, on voit aussi comment passer à la "virgule". Et aussi les petits "trucs" comment diviser par 3, 9, etc...Bon, expliqué comme ça, c'est un peu succint....et confus....je vais essayé de détailler sur le blog homeschooling.

Nous avons aussi fait des origamis et...regardé les feuilletons "Numbers" que j'expliquais en détails. C'est vraiment intéressant de voir ce qu'on peut faire avec des mathématiques. Lorsqu'on apprend à lire, on imagine aisément ce qu'est la lecture parcequ'à priori, on manipule des livres depuis la lus tendre enfance. Il n'y a pas du tout la même vision à long terme lors de la découverte des mathématiques et c'est bien dommage. Je pense que cela entrave les apprentissages.

En fait l'année dernière (niveau 3 éme), j'ai aidé un voisin pendant les vacances scolaires, une heure/jour. L'année précédente (niveau 4 éme), Anaïs a été à l'école 6 mois en Belgique (gros niveau en maths, elle était vraiment larguée, mais il y a des choses qui ont du rester tout de même) et l'année précédent celle-là (niveau 5 ème), j'aidais 2H/semaine une voisine à passer le concours de recutement de prof des écoles. Nous avions donc 2H de maths/semaine.Sans supports: j'évoluais au gré des besoins. Niveau 6 éme, rien, la phobie scolaire entravait tout.

C'est tout, mais c'était déjà vraiment beaucoup, nerveusement, pour Anaïs. La veille du brevet, elle ne savait plus faire une addition de fraction, elle a voulu que nous passions la nuit à faire des maths. J'ai refusé, parce que c'était vraiment une mauvaise idée, et surtout parce que je ne pouvais pas , je ne m'en sentais pas capable suite à des soucis personnels (sinon, j'aurai été fichue de le faire, je sais pas dire non...). 11/40, c'est un échec...je dirais qu'elle aurait pu avoir la moitié des points au moins s'il n'y avait eu ce stress énorme.

Le Français: une dictée, une rédaction. Anaïs est dysorthographique. Je n'ai jamais rien travaillé de formel à ce sujet avec elle, mais elle voit une orthophoniste une heure/semaine. Nous corrigeons ensemble la plupart de ses productions (article de blogs, courrier, articles de presse,etc...) et je fais des commentaires au fur et à mesure, toujours les mêmes, des a, à; des imparfaits écrits à l'infinitif,etc....      

Elle a écrit 4 rédactions dont les sujets étaient trouvés sur des annales internet. La première était absolument hors sujet, la dernière, c'était bon. Peu de "travail" mais beaucoup, beaucoup de "conversations" en faisant autre chose (ballades, cuisine, rangement,...).

Nous n'avons ainsi "étudié" que 4 poésies "forcées" et formelles (dont Baudelaire et Verhaeren en 6ème, 5ème qu'elle a trouvées pénibles et compliquées mais qui ont permis de beaucoup, beaucoup discuter).

Je lui ai même fait apprendre celle de Baudelaire par coeur. Pour Verharen l'année suivante, elle m'a envoyé balader.

Je "travaille" toujours sur des rapprochements, oeuvre écrite/oeuvre artistique (peinture, sculpture, etc...). Avec un peu d'histoire et de géographie pour situer le contexte.

J'imagine que la rédaction a du rattraper la note de la dictée....

J'ai aussi donné en 4 ans 4 cours formels sur l'adverbe (sais pas pourquoi, une psychanalyse serait peut-être nécessaire...).

Tous les enfants ne sont pas identiques, je ressens que ma 3 ème a besoin de plus de structure, et j'envisage donc d'introduire de la grammaire à la Montessori à la maison.

L'anglais. Anaïs utilise "Starfall" avec sa jeune soeur. Elle s'imaginait avoir un "bon niveau" d'anglais jusqu'à ce qu'elle s'aperçoive qu'elle n'arrivait pas à en placer une lors de son second voyage aux Etats-Unis en Février/Mars 2008. Quand Harry Potter, est sorti en anglais (l'année avant) et pas encore traduit, elle l'a acheté, et entrepris de le lire "entre les lignes" pour faire des résumés de chapitres sur son blog.

Depuis le souci avec le jeune d'Aix, inculpé pour des faits similaires, elle a tout effacé.

Nous avons un dictionnaire, et un petit livre de grammaire/conjuguaison "l'anglais de A à Z" qui permet un apprentissage "vertical": on pioche au fur et à mesure des besoins. Une méthode personnelle et autonome un peu bizarre, mais bon....Pas assez pour parler mais suffisant pour le brevet, visiblement.

Je dirai que pour cela, un bain de "rien n'est impossible" est plus utile que n'importe quel cours formel.

Les sciences. (pas de physique pour Anaïs: on choisit des options). Cela intéressait beaucoup Anaïs qui était à 10 ans et jusqu'à 13, passionnée par les nanotechnologies. Elle pensait s'en être bien sortie mais...non. J'imagine qu'elle a été hors sujet. Elle était très déçue par sa note, elle s'attendait à un "carton". Comme je l'ai déjà dit, cela a été l'occasion de parler du "ne pas perdre de points avant de vouloir en gagner" et du "hors sujet".

Pour les sciences, nous utilisons à la maison des magazines (images Doc, Wakou, pour la science Junior, etc, selon l'âge) et...on discute. Je prépare d'ailleurs quelque chose à ce sujet (au sujet des sciences, pas des magazines).

Histoire géo. La géopolitique est un de mes dadas, donc, on en parle souvent à la maison. César est passionné d'histoire. On lit, on regarde des émissions, des films et on discute (non, mais, on ne va plus avoir de salive!). C'est vrai que nous avons une énorme bibliothèque à la maison.

Pour la matière à option, arts plastiques pour Anaïs, c'est important car il y a vraiment moyen d'engranger des points.

Elle avait déjà fait des simulations pour les questions sur des annales en ligne, l’art est un sujet qui revient régulièrement sur le tapis à la maison, et je savais que je pourrais bien la conseiller pour la partie pratique. Par exemple, nous avions fait un peu de scrapbooking, ce qui a donné des notions de découpage et d’organisation visuelle sur une page, et du pastel, ce qui fait comprendre à l’enfant que le dessin ce n’est pas juste un trait autour d’une forme que l’on colorie mais que l’on peut aussi placer les couleurs jusqu’à faire apparaître la forme (très difficile à faire accepter au début mails ils sont ravis du résultat !). Nous avions aussi fait des mélanges de médiums et lors de sa première année « à la maison » (phobie scolaire éprouvante), elle m’avait accompagnée à des ateliers de peinture (ce qui avait constitué une forme d’Art-thérapie).

La consigne a été: "Ne cherche pas à faire quelque chose de joli, mais à étaler ta culture artistique et technique, pas de danger d'en faire des tonnes ou d'être hors-sujet, lâche-toi". Consigne scrupuleusement respectées ("j'aime pas trop ce que j'ai fait", me dira-t-elle). Objectif atteint.

Pour les examens, en plus de ce que j’avais déjà (papiers divers, images avec des textures à découper, etc…) ; j’ai acheté du pastel, d’autres papiers cartonnés, des feuilles de dessin, enfin pas mal de matériel. J’en ai eu pour 80 euros (mais évidemment, nous avons presque tout récupéré pour la famille). Les autres étudiants sont venus avec un crayon de bois et une gomme….Anaïs a eu une note de 20/20, ce qui a compensé un 11/40 en maths.

Je dirai qu'il y a l'instruction et le passage d'un examen. Rien à voir. Et la réussite d'un examen ne s'apprend pas dans des cpc. D'où, selon moi, "l'arnaque".

Mieux vaut pour réussir avoir beaucoup "papoté". La somme de travail demandée en 3 ème en cpc semble colossale à ce que j'ai pu voir chez d'autres familles. Disproportionnée par rapport à l'examen, et sans "passeport technique".

Lorsque j'ai voulu préparer le CRPE (prof des écoles) j'ai payé des cours CNFDI (équivalent CNED) 8000 FF. Je me suis vite aperçue que cela ne me préparait pas à l'examen proprement dit. J'ai rendu 3 devoirs, très bien notés, puis j'ai laissé tomber et j'ai acheté l'équivalent des annales. Là, j'ai vite décortiqué et compris le métalangage, les rouages, la technique (je n'étais pas habituée au système français)... très fructueux! Ce sont ces leçons là que j'ai transmises à Anaïs.

Toute la question est donc: qu'est-ce qu'on veut exactement? Je reconnais que réussir cet examen, c'était un peu comme un braquage de banque...mais cela a donné confiance à Anaïs qui a tellement mûri et progressé depuis, en 6 mois, parce qu'elle fait, avec le BAC, quelque chose qu'elle aime vraiment.

Encore beaucoup de choses à dire mais... donc, une dernière reflexion:

Perso, je ne dirai pas "je ne peux pas l'inscrire, il n'a pas le niveau" mais "bon, il est inscrit, que faire pour qu'il ait le niveau d'ici là". Je pense que cela place l'enfant en capacité de réussite et que ce potentiel de confiance est stimulant.