En réponse au commentaire que PMB a bien voulu laisser sur la vision "politique" de l'IEF, je voudrais revenir sur un concept dont j'ai déjà parlé dans mes posts précédents mais qui semble ne pas avoir été compris.

Je me demande s'il s'agit d'une lecture un peu "entre les lignes" qui laissent s'échapper une explication à peine ébauchée il est vrai et noyée dans un long texte, ou s'il s'agit d'une occultation due à l'impossibilité d'imaginer la pratique.

Apprendre autrement. Apprendre en AUTONOMIE, en auto-gestion, en liberté.

Il n'y a pas de confusion Parents/profs, parce qu'il n'y a pas de prof.
Je suis la maman de mes enfants.
Pas leur copine, même si nous partageons des moments de complicités et qu'ils comptent sur moi.
Pas leur enseignante.
Mon rôle est de les aider à devenir des adultes autonomes, responsables, à l'aise avec la vie, et plutôt heureux si possible. Pas d'inculquer ou de programmer.

Lorsqu'un enfant apprend à marcher, on lui tient la main, on lui offre des possibilités de s'agripper, mais c'est bien lui qui apprend à marcher. On ne lui explique pas, il essaie, il découvre, il réussit, il tombe.

L'instruction ne se donne pas. Elle se prend, se découvre, on se l'approprie.
Je donne des moyens à mes enfants. Pas du gavage.

On regarde un film, ils lisent un livre, on visite, on se promène, on écoute de la musique, et les questions fusent. Il y a une bonne bibliothèque à la maison (mais pas de voiture: on voyage en transports en communs), des centres de documentations, des personnes référentes (un gentil voisin scientifique, un pote chercheur, d'autres parents, les listes de discussions des assos d'homeschos...) , internet.

Et puis de temps en temps, une leçon formelle, comme ça, parce qu'il y a eu un besoin. Des exercices sur internet, pour le côté "notes" (j'ai toujours refusé de noter mes enfants, cela n'a pas de sens pour moi) et interactif.

Et on cherche, toujours. Je prépare des choses plus formelles pour eux mais toujours très différentes de ce que l'école fait. Cela fait un an que nous pensons à nous mettre aux lapbooks pour garder des traces et je m'intéresse aujourd'hui aux tableaux heuristiques qui semblent très efficaces.

Il y a deux semaines, mon grand garçon m'a accompagnée chez mon gentil voisin parce que son petit frère voulait fabriquer des robots. Le grand renâclait, mais bon, il est venu malgré tout.
-"C'est pour les bébés" (à partir de 9 ans sur la boite)
-"D'accord, tu n'en fais pas, mais aide Ulysse qui est trop petit pour le gérer seul, STP".
Au bout de 20 minutes, il n'aide pas, nous ne nous occupions pas de lui et tout à coup, il s'y met tout seul.
Qu'est-ce qu'un engrenage, comment équilibrer un poids, pourquoi ça tourne en rond avec deux roues et droit avec 3 ou 4. Comment calculer une proportion....

Et ....deux heures plus tard, quand est-ce qu'on recommence c'était génial?
Voilà. Offrir un milieu propice, stimulant, sans frais extraordinaires, juste le respect du libre arbitre, la stimulation, l'émulation.

Et quand ça ne passe pas? C'est que ce n'est pas le moment, on enterre, on y reviendra plus tard.

On retient 3% de quelque chose qui a été enseigné de manière "scolaire".
50% quand il s'agit d'une "conversation sociale" : une conversation entre une personne qui sait et une autre qui ignore. C'est notamment ce qui est pratiqué à l'université d'Oxford. Un prof, 5 ou 6 élèves, quelques canapés.
Impossible dans des classes surchargées? Ben....vu le taux d'efficacité, pourquoi ne pas prendre de petits groupes à la fois et un temps de cours beaucoup plus court? 5H de français dans la semaine? Une classe de 30? Et bien, ça fait 1H/semaine à un groupe de 6 et les autres font... ce qu'ils veulent pendant ce temps-là.
Efficace, reposant.....
Le problème de fond c'est que les enseignants sont formatés pendant tant d'années (3 de matenelles, 5 en primaire, 4 au collège, 3 au lycée, au moins 6 après le BAC) qu'ils ignorent tout de la façon dont un enfant apprend NATURELLEMENT et donc EFFICACEMENT.
De plus, il y a l'idée que le corps enseignant est le détenteur du savoir pédagogique (il faut voir comme les parents s'arrachent les cheveux sur les manuels dont ils ne comprennent pas l'énoncé des questions, même avec un BAC+56 en poche à cause de l'utilisation d'un métalangage dressé comme une barrière entre l'école et le parent), qui est insidieusement inculquée dans l'esprit de tout un chacun dès le plus jeune âge...scolaire.
Les enseignants sont à peu près les seuls employés à ne pas devoir rendre compte de l'efficacité de leur boulot à leur patron ou à leurs "clients", mais il vivent comme autant d'attaques personnelles toute critique, mêmes constructive, de l'EN.
La pédagogie est probablement le seul milieu scientifique ou l'objet d'études (l'enfant en apprentissage) n'est pas analysé, regardé, découvert dans son milieu naturel.
Il y a un tas de nouvelles théories qui sortent, de pratiques qui sont expérimentées, et personne pour se dire (dans les pays anglo-saxons, oui): -"Tiens, si on allait voir comment font les enfants pour apprendre lorsqu'ils ne sont pas à l'école?"
Dommage. Ca ferait peut-être avancer tout le monde.