En réponse au  mythe des "zones d'éducation difficiles" évoqué par un lecteur du blog, enseignant un peu...offusqué? Blessé?...(je ne sais pas mais en suis désolée) par mon article sur l'école.

Nous habitons dans un quartier plutôt "favorisé", mais à Marseille.

Les écoles de ces quartiers ont moins de moyens -"vous n'en avez pas besoin" leur dit l'EN, mais pourtant, il y a des enclaves HLM, un gigantesque centre d'enfants de la DDASS, et un fort taux de familles en difficultés.

Il y a de plus en plus de Porshes et de grosses cylindrées, dans mon quartier, et pourtant 50% de la population de cette grande ville vit en-dessous du seuil de pauvreté.

Résultats: pas de sorties pour les gamins de ces écoles publiques, car pas de subventions et plus de la moitié des parents qui ne s'en sortent pas.

Il y a des gamins nuls en orthographe qui corrigent leurs parents. Il y en a aussi dont les 2 parents médecins rentrent à 20H et qui font n'importe quoi en attendant. Comme traîner dans la rue (avec le gamin "analphabète", d'ailleurs) et saccager son école (du vécu).

L'école ne va pas pouvoir compenser tout cela et résoudre tous les problèmes de la société. Elle reste pourtant une chance pour beaucoup. L'instruction en famille n'est pas la solution universelle. L'école non plus. Une société qui tend vers la pensée unique est comme une entreprise qui ne se diversifie pas: elle se sclérose et meurt.

Mais sous couvert de "société qui va mal", l'école refuse de se remettre en question.

On fait ce qu'on peut.

Agir autrement?

Mais ce n'est pas notre mode de fonctionnement qui est en cause!

Une société qui a hypermédicalisé (ça c'est positif mais à quel prix?) la venue au monde de l'enfant en ôtant toutes ses capacités et prérogatives à la mère (ça, c'est catastrophique, et réel, ne dit-on pas que c'est le docteur machin qui a accouché madame truc? Quelle fumisterie!); qui a, pour des raisons politiques et commerciales, promu le lait en poudre au détriment de l'allaitement (la tendance s'inverse heureusement), promu la séparation précoce durant le sommeil (ce qui n'existe pas dans les sociétés primitives pacifiques mais est prégnant dans les sociétés primitives violentes), le placement en crèche, l'école à 2 ans, et répandu majoritairement l'idée que l'école est obligatoire, etc... produit des parents totalement désinvestis de leurs prérogatives, droits et DEVOIRS d'éducation, qui oublient leur bébé à l'arrière de la voiture en pleine canicule ou laisse la rue éduquer leur enfant en-dehors du temps scolaire.

Alors qu'un enseignant qui vit au quotidien la dure réalité de l'instruction de jeunes en difficultés soit à fleur de peau, je le comprends. Mais je ne vais pas "cessez de manifester ce mépris".

Parce que je ne suis pas méprisante, et...parce que nous ne sommes pas à l'école...pas de rapport hiérarchique et d'exercice d'autorité entre nous (les habitudes ont la vie dure!!!) alors je ne vais exécuter cet ordre impératif...qui en dit long...si long....

Je ne peux pour cause de réelle empathie m'empêcher de continuer à réfléchir, secouer, proposer, à mon petit niveau de maman homescho et bloggeuse engagée.

Je peux par contre discuter, échanger, et même...proposer de nouveaux chemins!