Les plus jeunes vivent leurs angoisses comme il le peuvent. Ulysse ne veut pas dormir seul dans sa chambre et rejoint souvent Héloïse dans son lit...trop mignon, même si les raisons profondes des ces escapades nocturnes me font tant de peine...

Beaucoup de personnes m'ont demandé des nouvelles....

Mais je n'arrivai pas à écrire à ce sujet, ici.

Aujourd'hui, alors qu'il y a de vrais moments de bonheurs qui émaillent notre quotidien, je revis avec une acuité particulière l'enlèvement des enfants ce 17 mai 2011. Je me demande encore comment nous avons pu survivre à cela. Et le chagrin qui m'envahit est un abîme où il me semble parfois que le vertige de la douleur va m'emporter.

Voilà un an que mon beau-père est décédé et que toute cette folie haineuse a pris corps dans le coeur et l'âme de ma belle-soeur. Avec le temps, je pense de plus en plus que ma belle-mère s'est simplement laissée emporter, vaincue par le chagrin mais encore animée par l'espoir fou de pouvoir obtenir la garde de mon fils aîné, maigre compensation de tout ce que sa propre mère lui a volé durant sa vie entière.

Lorsque nous sommes partis avec le second camion, je la revois encore, les épaules affaissées, les yeux hagards. 

Cette image -là me restera gravée à jamais. J'ai pris conscience à ce moment-là que nous n'avions pas agi comme d'habitude. Marc ne s'est pas mis à genoux pour "demander pardon" et moi non plus, pour accéder à leurs requêtes. Sans doute parce que nos enfants étaient placés, que mon beau-père n'était plus en vie, nous n'y avons même pas pensé, ou si peut-être mais Marc y était totalement opposé. Et sans doute ma belle-mère ne s'est-elle vraiment rendue compte des conséquences terribles de ses actes qu'à ce moment-là. Lorsque je vois à quel point mes enfants ont été comme embrigadés par une secte par ma belle-soeur, je peux croire que ma belle-mère ait été manipulée elle aussi.

Cela n'enlève rien à ce quel a fait, ni à l'insidieuse éducation toxique qu'elle a distillée dans le coeur de mon aîné.

Alors, le 9 décembre, nous voilà au tribunal. Sans notre avocate -quelle erreur-, qui est en vacances. Nous n'avons appris la date de l'audience qu'une semaine auparavant et n'avons eu que peu de jours pour nous décider. Reporter? Y aller sans avocate?

Il me semblait complètement fou d'imaginer reporter l'audience: c'est nous qui la réclamons à corps et à cris.

J'ai eu un sentiment de défiance profonde vis-à-vis de la procédure marseillaise, de l'ASE, du tribunal, mais mon mari voulait croire que nous aurions enfin un magistrat clairvoyant, juste.

Alors, nous préparons une longue plaidoirie, 15 pages, nous y passons toute une nuit et nous y allons.

Les 2 ados ne veulent toujours pas mettre un pied à la maison, il leur arrive de venir jusqu'à notre porte, et même, d'entrer dans le hall, mais ils ne monteront jamais dans l'appartement. Il y a un mur, de la colère, de la défiance, de leur part. Ils sont incapables de le justifier, je vois qu'ils répètent à l'infini les mêmes phrases, encore et encore, qui ne sont manifestemment pas de leur cru. Embriguadement. Lavage de cerveau. Secte.

La magistrate est plutôt aimable, mais refuse de nous laisser dire notre plaidoirie comme l'aurait fait un avocat. Nous somme décontenancés. Encore une fois, des choses essentielles vont s'échapper. César est remonté comme un coucou, et vu la tournure que prennent les évènements, moi aussi. Marc tempère comme il peut. Jeanne s'écrase sur son siège, se cachant derrière un rideau bien tendu de cheveux. Je suis assise juste à côté d'elle, il me semble que je peux percevoir l'intensité de son malaise. Je la touche, lui masse les épaules, lui demande de ne pas s'inquièter. J'ai tant de peine pour elle.

La juge balaie d'un mouvement de la main la question religieuse. L'ASE du Vaucluse semble avoir régler la question sans que personne n'ose y revenir. La question de la scolarité est aussi sur le devant de la scène et là, la magistrate me regarde dans les yeux en me disant "vous savez que ce n'est pas ce que l'on vous reproche madame Lauthier". 

Et bien non, là, pour le coup, je ne vois pas. 

L'assistante sociale référente du Vaucluse ne vient-elle pas de dire que j'aurai bien besoin d'être un peu plus ferme avec mes enfants? Comment la question des "violences aggravées" pourait-elle encore être au coeur des débats, alors qu'elle est elle aussi réglée depuis de longs mois? L'ASE du Vaucluse fait des démarches depuis juin pour que nous puissions récupérer au moins les petits. Un mois "d'isolement " a suffit pour que transparaisse enfin l'évidence de la non-violence de notre éducation. "Les jeunes enfants sont natures", nous avait dit l'AS, "leur comportement ne ment pas, vous n'avez pas maltraité vos enfants". Mais il a tout de même fallu de si longs mois pour que nous les récupérions enfin.

La magistrate interpelle mon mari (vous vous rappelez, il est soit-disant soumis, etc....) parce qu'il n'intervient pas. Mon mari rétorque sèchement: "Depuis le début de l'audience vous ne vous adressez qu'à mon épouse!". C'est tout à fait vrai. Et plusieurs fois encore, il interviendra de manière très ferme.

On revient avec les histoires d'école, d'enfermement, de dé-socialisation. Patiemment mais fermement, moi aussi, je démonte tous ces arguments....qui sont pourtant invalidés par le contenu de notre dossier dans le dossier de la magistrate, celui qui n'est jamais lu, que tout le monde évacue d'un geste de la main.

J'y repensais ce matin, avant de vous écrire ici. Dès que nous sommes arrivés à l'Isle sur la Sorgue, César a été inscrit à un club de sport, nous avons souhaité qu'ils s'inscrivent à la structure d'acceuil des jeunes de l'Isle, ils n'ont pas voulu, mais nous les y avons emmené "manu militari" malgré tout. Ils s'y sont plu. J'ai rencontré le proviseur du lycée de la ville, inscrit Ulysse à l'école du quartier, puisqu'il souhaitait tenter l'expérience....où est l'enfermement?

Mais toujours, des justifications, bien inutiles devant le rouleau compresseur de cette dictature.

Alors voilà, lorque la juge a demandé si César mentait, j'ai répondu la vérité sans ciller. Oui. Il ment.C'est mon fils, Cela n'enlève rien à l'amour que je lui porte. Mais oui, il ment. Il est enfermé dans un conflit de loyauté terrible. Je voudrais l'en libérer.

L'ASE du Vaucluse vient à notre secours au sujet de la belle-soeur. Il n'est pas question qu'elle puisse être en contact avec les enfants. Le foyer, (qu'elle a menacé!) témoigne également des manoeuvres toxiques dont les enfants sont victimes, de sa part.

Je réaborde la question de l'instruction en famille.

La juge a beaucoup parlé....encore une....il semble que la magistrature française ait l'étrange besoin de s'exprimer et surtout d'exprimer ses vues plutôt que d'entendre celles de ceux dont elle manipule la vie....

Au terme d'une de ses longues interventions, une phrase a été prononcée, étouffée, presque murmurée. 

Mais j'écoutais, moi, et ce qui semble avoir échappé à tout le monde m'a pétrifié sur place.

"....afin que ces enfant soient menés dans une éducation laïque et à l'école jusqu'à leur majorité....."

Je ne comprends pas s'il s'agit des grands ou des plus jeunes aussi, je demande donc à la juge quelle est sa position au sujet de l'instruction en famille, pour les plus jeunes.

Elle me répond qu'elle laissera le soin de cette décision à l'ASE marseillaise. 

Je rétorque que l'ASE n'a ni les compétences, ni les prérogatives pour prendre ce genre de décision.

L'inspectrice générale de l'ASE est présente. Elle intervient, me dit qu'elle peut agir avec intelligence. L'ambiance se tend à l'extrême.

Un peu plus tôt, j'avais suggéré à la magistrate....et aussi à toutes les personnes présentes, de s'engager en politique, afin de pouvoir modifier des lois qui ne leur conviennent pas, les enjoignant, en attendant, de les appliquer stricto sensu.

Bon, finalement, je prononce le mot chantage, la juge s'emporte. Elle refuse que ce mot soit utilisé dans son bureau. Ah bon? Pourquoi ne pas nommer ce qui est?

Et je me fais sortir du bureau en question.

César, et un peu Jeanne aussi, sont toujours prisonniers de ce conflit, mais d'entendre des adultes dire que le comportement de leur tante est...disons....inadéquat, les a soulagés.

Au sortir de l'audience, je vais les voir.

Je leur annonce que je ne les visiterai plus.

Je ne suis pas visiteur de prison.

Le lendemain, jour de visite, mon ari se rend seul au foyer.

Les enfants demanderont à pouvoir venir à la maison.

Et très rapidement, dès les vacances de Noël, à pouvoir réintégrer le foyer parental.

"On" ne nous laissait pas récupérer les enfants parce qu'"ils" ne voulaient pas revenir. MAIS, alors qu'ils en manifestent le désir, ils ne peuvent toujours pas rentrer, "on" ne nous laisse pas les récupérer.

Car ce serait ouvrir la porte à l'exercice de nos droits.

Et il n'y a même plus de justifications.

Juste.....le retour doit se faire progressivement.

les gendarmes peuvent arracher des enfants à leur foyer en 30 minutes, mais il faut de longs mois pour pouvoir récupérer dans leur foyer naturel nos enfants.

Entretemps, mes ados vivent des choses, au sein du foyer, totalement anormales, violentes et "inadéquates" que je n'aurai jamais voulu que mes enfants vivent.

Comment se sortir de cette situation kafkaïenne?

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Des petits bouts de vie normale, le WE. Un match de foot et un peu de facebook.Mais pendant les vacances, alors que les grands venaient librement à Noêl, ce fut très très restreint pour les vacances d'hiver.....

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On prend des petits moments pour de l'instruction, mais le foyer nous laisse un accès extrêmement limité à l'instruction et l'aide à l'instruction des grands....

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Héloïse galère à l'école, nous organisons du soutien avec du matériel, mais l'école prend tant de temps déjà....

 

 

Anaïs est venue 4 jours avec ma petite soeur, son amoureux et son bébé tout neuf: Noé!

Une occasion pour la fratrie de se retrouver.

Et pour les filles de pouponner!

Un petit tour dans nos merveilleuses calanques....

....comment ça, je ne peux pas emporter tous les cailloux du chemin?!

Les missionaires, les potes d'Anaïs, et le grand panda qui est la génèse de mon nom sur le net!

Un chili, commandé par ma petite soeur, dans la salle culturelle de la paroisse!

Toujours, nos petits tours du dimanche au bord de l'eau....

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Et à partir de mars, nous avons remis les pieds dans l'eau!

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Les petits sont tout le temps malades, mais nous sommes parvenus à visiter l'observatoire, tout de même! Ulysse était comblé!

 

Education politique en live, j'ai emmené César et jeanne au meting de Mr Sarkozy.

 Jeanne était ravie!!!!Elle lui serre la main! ; )