Chasse aux sorcières, les déboires de la famille Martin-Rodriguez
La suite des mésaventures de la famille Martin-Rodriguez.
Du talent et de l'humour pour dénoncer une situation dramatique.
Toujours, des frais pour se défendre en justice et tout ce stress qui empêche de pouvoir vivre...tranquillement. Encore une fois, il est bien dommage que le droit à la poursuite du bonheur ne soit pas inscrit dans la constitution française.
Vous me direz, celui de pratiquer librement le mode d'enseignement choisi par les parents et d'exercer le culte de son choix l'est, lui.
Et pourtant..............
Convoqués au Tribunal Correctionnel parce qu'ils... par Sylviemartinrodriguez
Comment passer le BAC sans école et sans cours par correspondance
Un témoignage d'un parcours IEF/BAC un peu..."différent"
Ma grande a souffert de phobie scolaire et été déscolarisée en 6 ème.
Jusqu'à présent, mes enfants n'avaient jamais voulu de cpc, et surtout pas le CNED, qui, pour reprendre les mots de mon aînée: "est pire que l'école sans en avoir les avantages" (socialisation).
Juste après le brevet, Anaïs a voulu présenter le BAC français (enfin, en L, il y a désormais 3 examenss: français, maths, sciences).
Nous avons trouvé une école privée hors contrat qui après bien des tergiversations, a bien voulu la prendre pour des cours de maths (2H/semaine) et français (4H/semaine): un budget de 240 euros/mois pendant 7 mois.
Elle a également suivi quelques cours de sciences avec un étudiant passionné dans un centre social de quartier, rencontré dans un bus, conversation engagée car je me promenais avec mes 5 enfants en plein temps scolaire.
Et pour le reste, conversations informelles et internet. Résultats moyens (juste la moitié) en français/maths et 16/20 en sciences. En français, le résultat fut moyen à cause d'une mauvaise gestion de son temps et des points. Anaïs a passé beaucoup de temp sur les "petites questions" à 4 points et il n'y en avait plus assez pour la dissert, or c'est une dissert' que lui avait recommandé sa prof, son orthophoniste...et sa maman!
Elle a donc choisi le comm' de texte, mais ce n'est pas son point fort...(elle est facilement hors sujet) résultats mitigés, donc, plus à cause de mauvais choix qu'à cause de ses connaissances théoriques qui étaient plutôt bonnes.
MAIS ces cours de français lui ont donné une technique de travail qui lui a bien servi par la suite.
Elle a souhaité réintégrer l'école en terminale. Les trajets étaient très long, à Noël, elle était à la fois épuisée et déçue du temps perdu sur place (intercours, profs absents, etc...).
Nous avons été obligé (alors qu'elle était à l'école!) de prendre des cours du CNED pour les maths l'école ne proposait pas cette option et terminale L. Jamais ouverts. Trop fastidieux, abscons.
Anaïs avait un an "d'avance" on se s'est pas trop arraché les cheveux lorsqu'elle n'a plus voulu aller à l'école.
En août, elle a envisagé de présenter le jury central (l'examen auquel prépare les cours EAD belges).
Le problème, c'est qu'Anaïs ayant vécu des apprentissages informels, elle savait à peine faire une addition de fractions ( ce qui n'était pas un souci pour le programme du BAC L en maths: stats, proba et suite de nombres), or, la Belgique, et donc le Jury Central, ont au programme un niveau de maths très élevé.
Elle a donc intégré une école privée, sur place, (une maison, un prof, 15 "élèves"; 350 euros/mois) pour se préparer en maths, en accéléré.
4 mois plus tard, elle présentait l'examen.
Elle a été reçue seconde de sa promo (toute la Belgique francophone!).
Taux de réussite: 7% des inscrits, mais beaucoup de jeunes attérissent là parce qu'ils sont en échec scolaire.
Les examinateurs (presque tous les examens sont oraux, y compris les maths) ont été agréablement surpris du résultat de ce parcours.
Sa préparation en français lui a bien servi: 18/20 à l'examen! Vraiment chouette, tout le personnel, y compris le service administratif qui l'a bien choyée. ( et je l'ai été moi aussi!) Quel grand écart avec l'EN!!!
Aujourd'hui, en prépa (c'est possible en cours d'année en Belgique), elle a choisi de rester là-haut pour intégrer sciences-po, zappant les incongruités du type: "pas de notes scolaires, même si l'examen d'entrée est bien réussi, pas moyen d'intégrer les grandes écoles"...
Bien alambiqué comme parcours...mais cela illustre qu'il existe tout de même tout un éventail de possibilités et qu'on peut sortir du traditionnel CNED/BAC. Même en France (capacité en droit, quelques cours privés, centres sociaux, maisons des jeunes, annales...)
Mais je vous accorde que cela nous a valu bien des heures de brainstorming et que voir son bébé de 17 ans partir à 1200 bornes...pffff...c'est rude!
Apprendre à vivre seule quand on a vécu en famille nombreuse aussi! Mais tout s'efface devant les résultats et à la vue de l'épanouissement personnel de l'enfant, enfin, la jeune fille, enfin, la jeune femme (elle vient de fêter ses 18 ans, ce bébé!)
Le cadre législatif de l'école à la maison
A-t-on le droit de ne pas mettre ses enfants à l'école?
Doit-on suivre un programme particulier?
Qui contrôle et comment?
Valérie, qui est conseillère juridique pour l'association "les enfants d'abord" nous dresse un tableau plutôt complet du cadre de l'instruction dans la famille.
La socialisation des enfants non-scolarisés: le nom, un tabou?
Il est midi et demi, nous sommes à la plage. On investit le Quick pour le "repas" de midi.
Mes deux derniers, 4 et 6 ans tout frais, s'élancent dans l'aire de jeu. La climatisation est poussée on maximum, il fait frais, mais cela fait du bien.
-"Comment tu t'appelles? Moi c'est Ulysse, j'ai 4 ans".
Le gamin interpellé doit en avoir au moins huit. Il le regarde, surpris, et il répond. Je l'ai vu arriver il y a quelques minutes, il y a pléthore de bambins et de jeunes, qui s'ébattent dans la cage à enfants, et jusqu'ici, aucun enfant ne s'est adressé la parole. Une sorte de communication non verbale s'est installée, mais pas de vraies conversations de jeux. Et quand des jeux plus délicats se construisent, souvent entre filles, il n'y a pas de présentations. Un étrange anonymat.
Et tout à coup, mon petit garçon qui n'a jamais été à l'école, qui est sensé, au regard de la société, être moins sociable que les autres enfants, scelle ce moment de jeu d'une individuation marquée.
-"Comment tu t'appelles?".
Quel est ton nom? Qui es-tu en tant qu'individu particulier?
Plus tard, les enfants crapahutent sur un grand crabe en bois et un gigantesque bateau, échoués tous les deux au bord de la plage. Une petite fille aborde Héloïse. Elle est pétillante, et accoste tous les enfants présents pour partager ses jeux.
Tout à coup, Héloïse, qui joue avec elle, s'interromp et la regarde.
-"Comment tu t'appelles? Moi, c'est Héloïse"
Les parents ne sont pas loin. La gamine cesse le jeu et les regarde, elle baisse la tête. Elle semble affreusement gênée, ce qui est surprenant, vu la facilité de son contact avec les autres. La maman intervient:
-"Allons, tu ne connais pas ton nom? Allez, dis-le!"
Dire son prénom semble frappé d'interdit. Seul les cercles familiaux et scolaires, des milieux non choisi par l'enfant, autorisés à véhiculer le grand secret. Ce qui marque l'homme du sceau de son humanité: être nommé et nommer autrui n'apparaît pas à l'enfant scolarisé comme un acte de socialisation autorisé.
Etrange, interpellant.
Deux petits livres à télécharger
Une incursion dans le monde de notre instruction en famille mais les illustrations anciennes peuvent servir à bien d'autres options déco.Donc....
2 livres en téléchargement...juste pour la journée....
Ils sont en anglais, mais conçus pour de jeunes enfants
J'ai beaucoup aimé l'abécédaire "pomme" avec ses illustrations à l'ancienne (les pages internes sont beaucoup plus colorées) et les illustrations art nouveau du recueil de fables d'Esope "pour les bébés" sont supers belles.
Dans les 2 cas, le site offre régulièrement des choses à télécharger en "free".
Attention, le téléchargement est juste pour la journée, mais si vous êtes intéressés plus tard, je pourrai sans doute vous les envoyer en "interne"!
L'école au canada: une alternative à l'école française
Les parents développent parfois vraiment des trésors d'inventivité...de choix semblant incongrus de prime abord ...et de sacrifices pour que leurs enfants puissent s'épanouir malgré le système scolaire auxquel tous ne sont pas adaptables, loin de là.
Siu-Chun est une amie, d'origine chinoise, photographe à l'Isle sur la Sorgue.
Elle a épousé un français et ses deux filles ont grandi dans un bain franco-anglophone.
Sa fille aînée était en classe de maternelle avec Anaïs. Elle est un an plus agée: c'était un cours double.
Bonne élève, douce, très sportive.
Mais une galère grandissante pour s'adapter au système scolaire français. Elle qui n'a pourtant connu que celui-là. Le système de notation négative, le fossé qui sépare les profs et les élèves, la démotivation du corps enseignant. L'ambiance à la limite de la violence, la pression négative du groupe. Le non-respect des aspirations personnelles, le manque de respect général, tout court, la spirale de découragement que tous ces facteurs et plus génèrent....
Siu-Chun voyait son aînée, Enya, se faner peu à peu. Ses résultats baisser sans que l'on comprenne pourquoi (une note en sanction et pas de justification sur la copie raturée et non corrigée....), sans parler du métalanguage usuel dans l'éducation nationale, d'autant plus hermétique à une sino-anglophone native!
La démotivation grandissait. Certains dégoûts s'installaient. Enya, qui adorait le latin, ne voulait plus en faire à l'école parce que l'enseignante était vraiment trop désagréable. Elle a essayé de poursuivre seule à la maison, en plus de l'école, mais c'était vraiment trop difficile!
Enya a fait un échange avec une jeune canadienne, organisé par l'école, et ce fut la révélation: elle ne voulait plus du tout rentrer en France!
Et voilà, sa maman a trouvé une école qui ne soit pas trop onéreuse, qui corresponde aux valeurs qu'elle souhaitait transmettre à ses enfants.
The Yorkland School, une école chrétienne évangélique (depuis les primaires jusqu'à la High School), au nord de Toronto, dans les bois. Avec uniforme (kilt Bleu/vert, pantalon gris, etc...). Un autre univers!
Enya est passée sans soucis d'un système d'enseignement francophone à un système anglophone, sa maman lui a trouvé une famille d'acceuil plutôt bien et encore mieux cette année.
En dernière année, elle a déjà postulé dans plusieurs université. Rejointe par sa petite soeur qui ne voulait pas grandir loin d'elle.
Elle devra passer le TOEFL, contrairement à sa petite soeur qui aura passé 5 ans en enseignement anglophone et qui n'en aura donc pas besoin.
Je suis très impressionnée par ce choix. Je serai bien incapable moi-même de laisser mes enfants si jeunes grandir loin de moi. Et pourtant, je comprends profondément les motivations de mon amie. Et son immense satisfaction de voir -enfin- ses filles épanouies par l'enseignement qu'elles reçoivent et l'environnement qui les entoure.
Décidément, devant les galères, les désaffections, les abérations de l'EN, oui, l'imagination des parents pour défendre les intérêts de leur enfant est sans limite!
Lire la suite...Téléchargement gratuit
Hum...ma semaine du téléchargement gratuit a été plutôt irrégulière!
Pourtant, j'ai tout de même posté quelques petites choses, après le lien vers le livre "le grand ménage" de RAFA, mais il faut aller voir sur le blog homeschooling, parce que c'est plutôt des téléchargement en rapport avec l'instruction en famille.
Lycée, conservatoire: une rentrée mouvementée!
Première rentrée depuis 5 ans….
Anaïs entre en terminale L ce matin.
6H15
J’interromps ce message dans quelques minutes pour aller tirer de son nid tout chaud mon poussin adoré. Pfff…quelle barbarie.
Et c’est toute la famille qui entre dans une nouvelle ère. Impossible désormais les couchers à plus d’heures avec le petit dernier qui s’endort recroquevillé sous la table de la salle à manger. D’ailleurs, nous avons déménagé, et désormais, un carrelage glacé a remplacé le parquet chauffant.
Il dut y avoir des haussements de sourcils, mais lorsque j’ai réclamé que tous les portables soient déposés dans le bureau, la veille au soir, de surprise, nul n’a protesté. Trop de tentations avec ces petites merveilles de la technologie !
Pour une fois, dès 19 H00, tout est organisé : la table mise, le linge sèchant dehors rentré à la hâte, re-rincé par une pluie soudaine. Hum, décidément, oui, nous avons changé de région aussi !
A table, les dernières mises au point et les rires fusent, les cheveux des filles fraîchement lavés brillent sous le lustre qui nous surplombe, Ulysse picore dans son assiette, debout devant sa chaise, discutant fermement avec le mécanicien dans son atelier d’une planche de kaléidos, un casque de ski rouge juché sur son crâne. Si personne ne semble traumatisé par cette toute nouvelle organisation, il y a encore un air de pays de nulle part* à la maison grâce à notre petit dernier.
J’en soupire d’aise !
*voir les « Olivier Rameau » pour les bébéphiles !
C’est qu’aujourd’hui, toutes les filles de la maison sont de sorties ! A 9H00, j’emmène à Tours Jeanne et Héloïse. L’ophtalmo à l’hôpital des enfants pour vérifier les petites cataractes ponctiformes d’Héloïse, le conservatoire de danse pour l’inscription de Jeanne à l’audition mi-septembre, la CAF pour avancer peut-être un peu notre transfert de dossier.
Une véritable petite aventure, ce premier voyage en taxi, car et train. J’en ai rêvé toute la nuit. Courte nuit. Beaucoup trop courte, agitée par les allers-retour incessants d’Héloïse qui naviguait entre le lit une place qui jouxte le nôtre et les flancs collés-serrés de sa mère.
Voilà, un abominable car a engouffré dans sa gueule de vieille guimbarde mon bébé chéri, et moi je reprends ma plume-clavier tandis qu’il me semble l’entendre babiller, excitée de ces nouvelles pérégrinations, ravie de plonger dans ce bain de jeunes en groupe qui tiennent haut l’étendard de la sacro-sainte socialisation. Son sourire ne me quitte pas et mon cœur est en paix.
Voilà une re-scolarisation arrachée avec les dents.
Début mai, notre contrat de location signé en poche, j’ai contacté le lycée de notre circonscription. Charmante, attentive, efficace, la secrétaire du proviseur m’annonce au second coup de fil que c’est l’inspection académique de Tours qui doit donner l’accord de la re-scolarisation. Elle me fournit le contact direct avec l’interlocutrice adéquate à l’IA.
Nous avons déjà abordé l’essentiel. La phobie scolaire d’Anaïs, l’instruction en famille, les possibilités de places restantes en Littéraire.
L’inspection de Tours requiert le récépissé de la déclaration faite à Marseille pour l’année 2008-2009.
Comme l’année dernière, ma déclaration s’est perdue dans les services, et malgré le récépissé postal qui fait foi de mon envoi « dans les clous », le service de Marseille, lorsqu’il est joignable, ce qui est rarissime, traîne des pieds et me toise du haut de sa suspicion. Des courriers sont envoyés sans jamais me parvenir, et au bout de …2 mois et demi, alors que l’inspection académique de Tours vient de mettre ses bureaux en berne pour cause de pause estivale, je reçois 5 courriers similaires d’un coup. Seul le dernier est rédigé avec le nom de famille correct.
Une démarche administrative lambda, légitime et usuelle pour les familles IEF qui se présentera comme un pugilat, avec de nombreuses phases d’observations, de coups retenus, et de KO incertains.
Une heure de téléphone quotidien, en moyenne, pendant 2 mois. Avec le plus souvent, le silence à l’autre bout du fil. Ou plutôt, la stridulence lancinante d’interminables et infructueuses sonneries.
Dans le même temps, l’IA de Tours exige aussi des tests, afin d’accepter Anaïs en terminale. L’inscription aux épreuves anticipées du Bac ne cautionnant pas une entrée automatique en terminale.
Les 3 proviseurs des lycées publics nous environnant, lassés de mon insistance, se sont réunis pour lancer un refus groupé à notre requête : ils ne feront pas passer de tests à Anaïs.
Nous n’aurons pas non plus de visite de l’inspecteur, « vous ne croyez pas qu’on a assez de travail comme ça ? » s’est offusquée la responsable de la scolarité.
Une très gentille secrétaire de mairie m’avait appelé quelques semaines auparavant pour m’expliquer qu’il n’y avait pas assez de personnel (14 000 employés municipaux à Marseille) pour diligenter une enquête sociale.
« Mince, quel dommage !» me suis-je exclamée, la voix déconfite et un gigantesque sourire accroché aux babines.
Le 15 août arrive, avec la réouverture officielle de l’inspection…et la non-joignabilité officieuse….
Nous partons à la rencontre d’été de l’association « Les enfants d’abord », en Bretagne. Le Morbihan nous ouvre les bras à Muzillac, au sein d’un camping plutôt sympathique.
Une semaine très riche, en émotions, découvertes, certitudes, doutes, réponses et questions.
De retour, armée du téléphone, j’appelle sans répit. Je fini par envoyer ce mail, à la demande de l’IA, et suite à la petite reflexion qui m’a fait bondir :
-« Ce ne serait pas juste de faire entrer Anaïs alors que les autres ont dû passer des tests ».J’ai envie de dire qu’avec les résultats catastrophiques que l’éducation nationale arbore, l’IA peut bien faire passer des tests mais que nous ne nous sentons nullement concernés…enfin, je m’abstiens…
Madame,
Rebonjour,
Je vous laisse ci-dessous le parcours d'Anaïs:
Déscolarisée pendant sa 6ème en classe internationale à Marseilleveyre (13008) pour phobie scolaire, Anaïs a suivi un parcours d'instruction en famille, entecoupé en 2006-2007 d'une scolarisation dans un collège Jésuite en Belgique pendant 6 mois, la durée de notre séjour là-bas.
Cela s'est déroulé sans soucis.
Malgré la déclaration annuelle, Anaïs n'a jamais été inspectée, contrairement à ses frères et soeurs. Détectée à la demande de l'école à 3 ans et demi comme enfant précoce, nous avons opté pour un parcours pédagogique en unschooling, puisque les centres d'int��rêts naturels d'Anaïs l'amenait à avoir une progression annuelle constante, conformément à la règlementation en vigueur en France.
Après avoir réussi le brevet, Anaïs a regretté de ne pas l'avoir présenté plus tôt et a souhaité présenter les épreuves anticipées du BAC L. Elle a reçu une formation en français et en mathématiques dans un collège privé hors contrat, et nous avons préparé à la maison l'examen de sciences. BAC 2009.
Ses notes: 7/20 en français ��crit; 10/20 en français oral; 10/20 en mathématiques; 16/20 en sciences.
Aujourd'hui, elle souhaite intégrer une terminale.
Depuis début mai, nous avons entamé les démarches auprès de votre académie. C'est alors que nous nous sommes aprerçus que malgré l'accusé de réception, le service compétent à l'IA Marseille n'avait pas reçu nos déclarations, perdues dans les services: nous avons donc refait parvenir les documents nécessaires à l'IA Marseille, demandé qu'un contrôle ait lieu et mené une action auprès des 3 lycées qui auraient pu faire passer des tests de niveau à Marseille.
Toute cette énergie en vain, les proviseurs ont fini par faire une réunion commune se soldant par un refus. L'IA également pour le contrôle.
Aujourd'hui, j'ai réussi à obtenir le document attestant de la déclaration d'IEF 2008/2009 à Marseille (les premières m'ont été envoyée avec un mauvais nom de famille...) et je requiert pour ma fille le droit d'inscription dans le lycée de sa circonscription, en terminale L. Argumentant qu'elle n'est pas responsable des refus des proviseurs et de l'IA marseillais, et qu'il serait tout autant préjudiciable de lui faire porter la responsabilité du non-vouloir des uns, que de mener une action de discrimination positive en l'acceptant là ou d'autres ont dû préalablement passer des tests.
D'autant qu'Anaïs est tout à fait disposée à passer ces tests, et à présenter les cours de mathématiques et de français de première L qu'elle a suivi.
Vous remerciant pour l'attention que vous voudrez bien porter à cette requête, je vous prie de bien vouloir agréer l'expression de toute ma considération.
Mardi matin, le ciel nous tombe sur la tête : une pluie diluvienne, mais tiède, s’abat sur la région. Tant pis, je trottine jusqu’à la mairie, et je viens dégouliner ma requête dans ses bureaux accueillants. Il n’y a plus moyen de faire de carte de transport sur place depuis la veille de notre arrivée au village, mais la secrétaire m’obtient une dérogation. Je ne sais pas si Anaïs va entrer à l’école. C’est demain. Mais l’IA n’a pas rappelé et la mairie n’ouvre que le matin. Il manque une photo d’identité. Les bureaux ferment dans dix minutes, je me re-rince d’un aller-retour supplémentaire à la maison en petits pieds trempés.
Merci aux quelques bonnes volontés que nous avons rencontrées en ces chemins scolaires tortueux…
Vers 16H00, j’appelle le lycée. L’IA vient de les appeler, leur demandant d’inscrire Anaïs mais en lui faisant d’abord passer des tests.
Toutefois, la secrétaire doit d’abord demander l’accord du proviseur. Il n’a pas le droit de dire non, mais il doit donner son accord. Disons que c’est une formule de politesse. Bon. De toute façon, la rentrée des terminales n’a lieu « que » jeudi. Anaïs rentrera donc en même temps que ces camarades de cellule…euh…je veux dire, d’école, bien sûr !
Voilà une des bonnes volontés rencontrées sur ces fameux chemins…la secrétaire du proviseur du Lycée Rabelais de Chinon. Qui se rappelait qu’Anaïs avait fait une phobie scolaire, 4 mois après que je l’ai eue au téléphone. Qui s’inquiétait qu’elle puisse entrer à temps avec les autres pour pouvoir mieux s’intégrer. Qui a su convaincre l’IA de Tours que cette requête de scolarisation n’était pas une lubie subite de notre part, mais que je me débattais depuis mai avec l’IA de Marseille et les lycées de mon secteur.
Et voilà le jeudi qui arrive avec ce monstre brinquebalant qui avale mon bébé et notre expédition « à la grande ville ».
Une surprise de taille nous attends au conservatoire : depuis mon coup de fil à la secrétaire, surprise au premier abord, le directeur de la partie « danse classique » est intervenu. Nos entrons.
-« Ah ! Mais voilà notre petite Jeanne ! » et la secrétaire fait les présentations (elles sont 3 dans le bureau). Je m’esclaffes d’abord. Jeanne est vraiment grande pour son âge, et chausse…du 40. L’adjectif est un peu surréaliste ! Mais elle est si jeune, me répond-elle. Elle entre en 6 ème, n’est-ce pas ?
Euh ? Qu’est-ce qui se passe ?
Ils se passe que Jeanne ne va pas présenter d’audition parce qu’elle a été « détectée », ce que je n’avais pas compris. J’explique : la chorégraphe de son ballet irlandais (spectacle de fin d’année), intervenante extérieure à la demande de sa prof, prof de danse elle-même qui a une fille au ballet national de Marseille et l’autre en Suisse chez Béjart, a appelé sa copine prof de danse à Tours, au conservatoire, qui a appelé le directeur avant de partir à Genève, alors que le conservatoire venait de fermer. La-dite prof de danse de Tours, avait elle-même envoyé deux garçons cette année à la BNM, qui seront hébergés par la chorégraphe de Jeanne.
Un peu comme au foot, quoi, dira mon mari. Et ce que je croyais être l’audition du 16 septembre sera un cours afin d’évaluer son niveau et d’adapter l’enseignement.
C’est toujours un peu surréaliste pour moi aujourd’hui, d’autant que nous ne savons toujours pas comment nous allons nous organiser pour ces 80 kms quasi-quotidiens dès le 23 septembre, , actuellement sans permis et sans voiture….
Mais nous sommes si heureux de la possibilité pour Jeanne de prendre ses cours en poursuivant l’instruction en famille, ce qui ne semblait pas possible à la BNM. Et si fiers, aussi, et rassurés, un peu, en même temps qu'inquiets, paradoxalement. Rassurés de voir, petit à petit, que ce rêve se réalise, se concrétise.
Depuis, le cliquetis des pointes résonnent sur le parquet, Jeanne s’entraîne sans relâche et nous sommes vraiment impressionnés de voir nos deux filles se lancer ainsi dans des objectifs de vie si précis !
Voilà donc mon troisième bébé qui sautille de joie et de passion et mon premier bébé qui s’en va guillerette le matin, avant 7H00, et s’en revient vers 18H00…
Avec une pelle de devoirs. Une tonne. Une somme. Un vrai scandale.
J’ai beau m’insurger régulièrement contre ces français qui revendiquent le plus court temps de travail européen en faisant travailler leurs propres ados bien plus que la moyenne européenne et avec des résultats extrêmement mitigés, le vivre en direct à la maison, c’est vraiment un fruit amer !
Le proviseur ayant décidé que décidément , organiser des tests pour une personne, c’était beaucoup de charivari, (ndlr : et pas aussi rigolo qu’avec le Grinch ; )…), une réunion se tiendra d’ici 2 semaines pour juger de la légitimité de l’inscription d’Anaïs en terminale.
Et d’ici là, je ronge mon frein. J’ai proposé à Anaïs de rentabiliser les heures de flottement à l’école pour faire ses devoirs et alléger ces interminables soirées qui ont fini par impressionner César…et me lasse déjà à force de nous priver de moments familiaux.
Elle semble plutôt bien s’en sortir : il faut dire qu’en philo, elle a …au moins une dizaine d’années d’avance sur les autres, avec ma manie d’en distiller dès le biberon…et cela vaut pour l’histoire-géo et la littérature. Elle surnage sans trop de difficultés en espagnol, il doit rester quelque chose de cette langue dont les prémisses lui ont été inculqués avant 10 ans mais l’anglais coince un peu par contre. L’anglais en unschooling, si on n’est pas noyé dans la langue environnante, c’est très moyennement efficace. Et si, en Espagnol, l’enseignant a opté pour des traductions de textes du BAC, la prof d’anglais…parle anglais. Exclusivement. Ce qui complique un peu la situation. C’est sûr que pour la musique, les langues et les mathématiques, les apprentissages naturels sont moins performants avec les moyens à notre disposition dans la famille, pour le niveau BAC, s’entend.
Mais je pense qu’Anaïs surmontera cette difficulté, d’autant plus que cela nous a tous incité à nous y remettre !
Nous avons abandonné l’option « jeune fille au pair » que nous avions imaginée pour l’aider car avec les charges sociales et la mutuelle, le tarif de départ était plus que doublé….
Et lors de la rencontre, je me suis rendue compte, grâce aux témoignages des familles, que parler assez couramment une langue n’était pas un gage de réussite au BAC, où les correcteurs attendent, plutôt qu’une bonne maîtrise orale, un respect scrupuleux du programme de grammaire, conjugaison, et liste de vocabulaire ad hoc.
Le cours de maths spé n’étant choisi que par deux élèves, cela se fera avec le CNED (mais à ma charge) en connection directe avec le lycée, et Anaïs a choisi une option cinéma qui semble enthousiasmante. Ainsi d’ailleurs qu’une option rugby très en rapport avec son gabarit, qui n’a pas du manquer d’impressionner fortement son entraîneur… ; D !
Bref, si on ajoute ma nouvelle fonction de relais, qui carbure déjà bien, ma grande déception de ne pouvoir organiser de jipli en un temps aussi court, et mon incertitude quand au contenu exact de la déclaration qu’il va falloir envoyer sans tarder, voilà une drôle de rentrée chargée en émotion !
Rencontre nationale de led'a
Cette année, la rencontre nationale de led'a a lieu à Muzillac, en Bretagne.
Nous avons fait des achats de circonstances....
C'est le camping de la Blanche Hermine , à Muzillac, qui nous recevra, avec la quasi-totalité du camping occupé par les membres de l'asso (sauf les habitués), comme l'année dernière.

Des ateliers sont déjà prévu, et l'AG de l'association, bien entendu.
Je suis promue relais-led'a pour notre nouveau département d'Indre-et-Loire, c'est vrai que depuis quelques temps, c'est nous qui partageons notre expérience, après s'en être moultes enquis auprès d'autres familles homeschooleuses pendant longtemps.
Enfn, "l'école à la maison", c'est une formation constante, et une sans cesse remise en question. Vie riche et mouvementée!
J'en suis vraiment ravie! Et de la promotion, et de nos choix pédagogiques.
Dès la rentrée, je mettrai des choses en place pour pouvoir remplir plus efficacement cette tâche.
Mais là, en panne pendant une semaine!
A bientôt!
Le BAC avec "l'école à la maison"
Il y a un sujet vraiment intéressant au sujet du BAC qui passait sur la liste de discussion de led'a, l'association pour la liberté d'instruction, au mois de juillet, mais sans connection, je n’ai pas pu participer.
Alors, quelque jours avant la rencontre qui a lieu en Bretagne, je relance le sujet….
Anaïs avait un parcours un peu particulier cette année. Pour des raisons au départ psychologiques (un deuil dont elle se remettait mal) j’ai cherché une solution pour la sortir de sa prostration.
Donc, au départ, ce n’était pas une illumination pédagogique soudaine, mais plutôt un urgent besoin de socialisation à pas trop forte dose, une thérapie par l’école à dose homéopathique en somme (au secours, c’est vraiment moi qui écrit ça ?).
Je fais l’impasse sur la réaction des écoles contactées à qui je demandais si ma grande pourrait suivre juste quelque cours….en argumentant pourtant, bien sûr !
Toutefois, une oreille un peu plus bienveillante m’a suggéré une école privée hors contrat avec qui nous avons pu faire affaire.
6H de cours/semaine (français/maths) pour 240 euros/mois…
Sur place, Anaïs a choisi de passer les épreuves anticipées du BAC directement, zappant ainsi la seconde. Elle ne se sentait pas d’aller à l’école ou d’étudier quoi que ce soit qui lui soit contraint sans un solide objectif. Ce que je conçois très bien.
Va donc pour les épreuves anticipées de français/maths/sciences.
L’école enthousiasme Anaïs, les cours lui plaisent, et nous commençons à faire une partie du programme de sciences : recherches sur internet ensemble et papotages.
L’année avance, Anaïs ne travaille pas en dehors des quelques devoirs demandés, mais les profs ont l’air enchantés. Elle a démarré avec 8/20 en maths et finit l’année avec 17/20, même acabit pour le français avec des notes plus élevées.
Pourtant, la tension monte : je vois bien que les textes ne seront même pas tous lu, et la période de « travail » que nous avions imaginée deux mois avant l’échéance ne démarre jamais.
Et pas de coup de main pour le déménagement non plus, la fratrie râle et moi, je ronchonne aussi.
Entre temps, nous trouvons, dans le bus, un jeune étudiant surdoué et excentrique qui donne des cours dans un centre social. Anaïs y va pour les sciences. Il « donne cours » debout, disgresse, papote, bref, c’est un peu comme à la maison, Anaïs est ravie.
Les examens approchent, je m’inquiète, la directrice me rassure : selon elle, la question n’est pas de savoir si Anaïs va réussir ou pas mais quelle mention elle va avoir.
Bon, elle a déjà fait le coup pour le brevet, mais là, pour le BAC, je suis dubitative.
L’examen arrive. Il a été convenu, avec l’accord d’Anaïs, sur les conseils de la prof de français, de l’orthophoniste et…les miens, qu’Anaïs choisirait plutôt la dissert., parce qu’elle est facilement hors sujet (pour l’objet d’invention), qu’elle n’arrivait jamais à déterminer si le commentaire devait être en deux ou trois parties, et que l’argumentation étant le dada de la famille, elle baigne dedans depuis des années.
Mais Anaïs est de plus en plus imperméable à mes conseils. Je n’interviens pas au sujet de la matière, ou si peu, mais dès que j’aborde l’aspect « technique » de l’examen, elle se retranche derrière des « on a déjà vu avec la prof, la prof a dit que… » Bref, ce passage à l’école m’a enlevé toute crédibilité.
Or, passer un examen, en France surtout, c’est d’abord avoir intégré des codes.
Parce qu’entre nous soit dit, que le commentaire de texte ait 2 ou 3 parties, qu’est-ce qu’on s’en f….
N’est-ce pas la qualité du contenu plutôt que la rigidité subjective de la forme qui devrait primer ?
Passer un examen, c’est aussi tâcher de ne pas perdre des points avant de chercher à en gagner. Donc, bien lire les consignes. Et être fin commerçant.
Quand il y a des questions à 4 points, et UNE autre à 16 points, on fait d’abord celle qui rapporte des sous et on finit par celle qui grapille des mentions.
Et Anaïs a passé 2 heures sur les questions à 4 points avant d’attaquer l’objet d’invention, puisque c’était ce qui semblait le plus rapide.
L’oral de français a duré…1 heure quarante !!!!!! (au lieu de 20 minutes).
Le prof a choisi d’intervenir pendant la première partie (qui est une présentation du sujet) et Anaïs s’est donc chargée de lui expliquer que normalement, ce n’est pas comme ça que l’examen doit se passer et….elle rentre en m’expliquant que vraiment, le prof n’était pas d’accord avec elle mais qu’elle a tenu à défendre son bout de gras tout de même. L’ombre des enfants libres de l’IEF n’est jamais loin ; ) ….
Sur le coup, je vois surtout sa fatigue, les larmes contenues dans ses yeux et son épouvantable migraine.
Je fulmine et des envies de strangulation d’employé de l’EN m’envahissent.
Ce que j’étais parvenue à transmettre pour le brevet n’a pas pu être réitéré pour cause de « détournement d’autorité » par l’école. Le secret de la réussite était là : la transmission par la discussion. Et la discussion était rompue à cause de l’interférence-ingérence scolaire.
La pilule a été amère, pour moi en tout cas, et j’imagine, pour Anaïs aussi.
Donc, nous voilà en Touraine, début juillet, Anaïs en Belgique en vacances chez son papa. Nous sommes sans tél fixe, et c’est par SMS que je découvre les notes : 10/20 en maths, 10/20 à l’oral français et 7/20 à l’écrit de français…accompagné d’une petite phrase sibylline : « quand je pense que j’en avais encore moins foutu pour le brevet et que je l’ai réussi…. »….
Aaaarggllll…..
Et les sciences, seule matière vue à la mode IEF ?
16/20.
Là, il y a une petite phrase qui clignote : NO COMMENT…






















