12 septembre 2009
Grandir autrement
Quand le vent des libertés vient s'écraser contre le mur de la censure....je vous transfère le message publié par Grandir Autrement sur son blog:
Chers lecteurs et abonnés,
Nous venons de recevoir un courrier de la "Commission paritaire des publications et agences de presse" (CPPAP) nous informant que notre dossier de renouvellement d'inscription était refusé pour le motif suivant :
"En ce qui concerne Grandir Autrement, au vu des pièces versées au dossier, notamment le numéro 13 de septembre 2008, la commission s'appuyant par ailleurs sur les conclusions de la direction générale de la santé qu'elle a préalablement saisie pour avis, a constaté que cette publication contenait certaines informations et prétentions médicales qui ne paraissent pas conformes aux préconisations thérapeutiques en vigueur et aux règles de déontologie médicale. Sur la base de ce constat, la Commission a considéré que la publication était dépourvue du caractère d'intérêt général quant à la diffusion de la pensée exigé par les textes."
Sans cette inscription, nous ne bénéficions plus du régime économique spécifique à la presse, soit des tarifs postaux préférentiels et une TVA réduite à 2,1% sur les recettes de vente au numéro et des abonnements. Nous allons rapidement déposer un nouveau dossier d'inscription et espérons ré-obtenir les conditions offertes habituellement à la presse. Nous allons également approfondir les raisons de ce désaccord.
En attendant, l'envoi du numéro de septembre va nous coûter cher, risquant de mettre en péril notre équilibre financier. Nous avons donc décidé de faire payer les frais de port pour les commandes au numéro, mais les envois aux abonnés vont nous générer un fort surcoût, sans compter le prix de la TVA.
Nous faisons donc appel à votre soutien pour nous envoyer des petits dons financier, ne serait-ce que de quelques euros. Si vous êtes nombreux à faire ce geste, cela peut grandement nous aider à passer ce cap délicat. Votre contribution à faire connaître le magazine nous est toute aussi précieuse.
De tout cœur, merci !
Pas plus d'explications que dans le message transmis en italique.
La déconsommation, l'absence de publicité pour les grandes marques traditionnelles armées de lobbyistes, le maternage qui sonne pour l'Etat comme une menace car il réduit son impact sociétal sur les familles qui prennent généralement elle-même en charge l'éducation de leurs enfants, c'en était trop sans doute et un bras de fer commence...
Qu'elle qu'en soit le type, la liberté d'expression et de la presse est le témoin d'une époque. Faut-il mesurer que la nôtre va mal au point que le baillônage semble la seule mesure possible à prendre pour le gouvernement et les institutions d'état?
Il faut passer commande des n° auprès d'un distributeur (par exemple, ici), Grandir autrement cherche des soltions avec la poste pour réduire les coûts d'en voi.
Rendez-vous sur le site de ce chouette magazine, ici Soutenons-les!
14 mai 2009
Femmes kenyanes en grève du sexe: comment inciter les maris à faire l'amour plutôt que la guerre. Une initiative pacifique!
Au Kenya, le mouvement de manifestation est tel que les femmes ont entamé une grève du sexe pendant une semaine. Elles en ont assez que les hommes perdent du temps dans des guerres politiques stériles.
Cette abstinence forcée a un objectif: engager de vraies réformes dans le pays. Même l’épouse du Premier ministre kenyan, Ida Odinga a rejoint le mouvement afin de protester contre les divisions entre le chef du gouvernement et le président en place, Mwai Kibaki. L’idée: pas de réforme, pas de sexe.
Depuis plus d’un an, le pays est en crise. Le chômage et la pauvreté augmentent. Les femmes ont donc décidé d’user de leur pouvoir pour secouer la société kenyane. "Les femmes du Premier ministre et la première Dame du Kenya sont avec nous. Elles nous soutiennent", souligne Carol Agenco, féministe.
Au Kenya aujourd’hui, l’idée suscite de gros débats dans la rue: "ce boycott ne marchera pas, parce que les hommes sont en colère, quand un homme est en colère, il ne peut pas avoir envie de sexe", s’indigne un Kenyan.
Devant la presse, le porte-parole du gouvernement, un peu embarrassé, à refuser de faire des commentaires. Avec cette grève du sexe, les femmes espèrent attirer l’attention et faire bouger le pays. En attendant, les ventes de revues spécialisées (pour adultes) connaissent une augmentation avérées.
http://expresse.excite.fr/news/4621/Femmes-kenyanes-en-greve-du-sexe
Grève du sexe au Kenya
Les femmes mettent les hommes à la diète… pour la bonne cause
« Pas de réforme, pas de sexe ! », tel est le mot d’ordre du mouvement lancé, mercredi, au Kenya, par l’Organisation de développement des femmes pour protester contre les différends qu’entretiennent le Premier ministre et le Président de la République. Des différends qui menacent le précaire équilibre du pays. Même Ida Odinga, l’épouse du chef du gouvernement kenyan, s’est dite solidaire de l’initiative. Les hommes kényans devront se passer jusqu’à jeudi des plaisirs de la chair, à l’égal des personnages imaginés par le dramaturge grec antique Aristophane, dans sa pièce Lysistrata.
| lundi 4 mai 2009, par Franck Salin |
La « Semaine de l’abstinence » décrétée par les kényanes fait de nombreuses adeptes, au grand dam des hommes. Elles espèrent convaincre le Premier ministre, Raila Odinga, et le président, Mwai Kibaki, d’agir contre la pauvreté plutôt que de se quereller sur des questions de protocole et de préséance. Patricia Nyaundi, directrice exécutive de la Fédération des avocates (FIDA), l’organisation qui a impulsé le mouvement composé aujourd’hui d’une coalition d’associations et de citoyennes convaincues, estime que la grève du sexe est une excellente façon pour les femmes d’exercer leur force de persuasion. « Les grandes décisions sont prises sur l’oreiller, donc nous demandons aux deux dames (les épouses du Premier ministre et du président) lorsqu’elles se retrouvent dans l’intimité avec leurs maris de leur demander : "Mon chéri, peux-tu faire quelque chose pour le Kenya ?" », a expliqué Patricia Nyaundi à la BBC.
Dès jeudi dernier, au lendemain du lancement du mouvement, Ida Odinga, l’épouse du Premier ministre kenyan, s’est dite solidaire. Ce week-end, lors de l’émission Africa Network diffusée par la BBC, elle a déclaré, pour justifier sa décision, qu’« il y a beaucoup de femmes qui subissent des viols, qui souffrent de la faim, et jusqu’à maintenant nos gouvernants ne pensent pas au gens du peuple, ils ne se soucient que de savoir qui sera responsable de ceci ou de cela ». Elle n’a cependant rien déclaré au sujet de l’acariâtre première dame, Lucy Kibaki. Celle-ci n’a pas dit si elle faisait subir à son auguste mari les affres de l’abstinence.
Ne pas faire l’amour pour combattre la guerre
Les femmes kenyanes espèrent qu’en privant tous les hommes du pays de sexe (elles ont même promis un dédommagement aux prostituées afin qu’elles s’associent au mouvement et interdisent tout échappatoire aux mâles en rut), ils réfléchiront mieux aux moyens de faire taire leurs différends au sein de la société comme au sommet de l’Etat. Quelque 1500 personnes avaient été tuées et plus de 300 000 déplacées suite aux violences nées au cours des élections présidentielles de décembre 2007. En février 2008, Raila Odinga avait accepté de devenir le Premier ministre de Mwai Kibaki. Mais depuis, les relations des deux hommes se sont dégradées, menaçant les intérêts du pays et la paix sociale.
L’initiative des femmes kényanes n’est pas sans rappeler Lysistrata, une comédie grecque écrite en 411 avant JC par Aristophane. La pièce, dont l’action se déroule au cours d’une guerre entre Athène et Sparte, raconte l’initiative de Lysistrata, une belle Athénienne qui a réussi à convaincre les femmes de toutes les cités de déclencher une grève totale du sexe, jusqu’à ce que les hommes reviennent à la raison et cessent le combat. Jeudi, nous saurons si l’initiative de Patricia Nyaundi aura eu le même succès que celle de Lysistrata.
http://www.afrik.com/article16717.html
Au Kenya, la grève du sexe force les politiciens au dialogue
Par Isolda Agazzi | Tribune des droits humains | 11/05/2009 | 16H29
La recette n'est pas nouvelle : dans la Grèce antique, Aristophane imaginait dans Lysistrata la grève des femmes pour arrêter la guerre entre Athènes et Sparte. Mais une méthode tellement iconoclaste a-t-elle des chances de réussir dans une société aussi patriarcale que l'Afrique ?
Alors que le boycott expirait mercredi dernier, Ann Njogu, directrice du Center for Rights Education and Awareness, l'une des ONG membres de la coalition, n'a aucun doute : la grève a atteint ses objectifs. Le président, Mwai Kibaki, et le premier ministre, Raila Odinga, qui ne s'adressaient pas la parole depuis des mois, se sont rencontrés trois fois. Mais beaucoup reste à faire et les femmes s'apprêtent à présenter au président une feuille de route pour réconcilier le pays, toujours divisé selon des clivages ethniques, et s'attaquer au problème de la faim.
Interview d'une abstinente, convaincue qu'elle n'a pas fait la guerre des sexes, mais la guerre contre l'impunité et pour la bonne gouvernance.
Tribune des droits humains : Le boycott a-t-il été suivi ?
Ann Njogu : Personnellement, je me suis abstenue complètement. Je connais un couple qui devait se marier et qui a repoussé la cérémonie. Mais attention : ce n'était pas une grève entre les sexes, mais une guerre contre l'oppression, l'impunité et pour la bonne gouvernance ! Nous avons voulu nous arrêter pour nous réapproprier le destin de notre nation. Le plus grand succès de la grève a été d'aider le pays à se concentrer à nouveau sur ses priorités.
Le boycott a-t-il atteint ses objectifs ?
Absolument ! Nous n'aurions jamais imaginé qu'il soulèverait un tel débat. Nous avons réussi à mettre sur le devant de la scène deux questions qui nous tiennent à cœur : notre sexualité et les problèmes urgents que doit affronter le pays. Tout le monde en a parlé, même les enfants dans les écoles. Maintenant que le boycott est terminé, le débat continue et il est parti pour durer longtemps. Tous les médias en parlent, au Kenya et même à l'étranger.
Concrètement, que s'est-il passé ?
Dans cette seule semaine, le Président et le Premier ministre se sont rencontrés trois fois. C'est un record, car ils ne se voyaient pas depuis des mois. Ils ont enfin commencé à discuter des problèmes du pays. Même si le débat est clos, nous, les femmes, allons soumettre au Président un contrat de performance, pour mesurer les progrès accomplis par lui et Premier ministre. C'est un plan d'action sur 90 jours qui va lancer la discussion et aider à garder le cap sur les cinq questions qui nous tiennent le plus à cœur.
Lesquelles ?
D'abord la renégociation de l'accord national et de réconciliation de l'année passée. C'était un document de cessez-le-feu, signé pendant la guerre et dont l'architecture est très mauvaise. Il doit être renégocié de fond en comble pour que le Kenya ne sombre pas dans davantage de chaos. Ensuite, il y a la crise de la faim. Tant qu'elle n'est pas résolue, nous ne devrions pas rédiger la nouvelle Constitution, qui n'est pas un document de plus, mais un processus dans lequel toute la nation doit s'engager, avec des critères de gouvernance et de reddition de comptes de la part de ceux qui nous gouvernent.
Actuellement, il y a tellement de tensions que ce n'est pas le moment de rédiger une Constitution. Nous devons d'abord réfléchir à des réformes en profondeur, à commencer par le problème de la faim. Les politiciens manipulent les gens qui ont faim : ils leur donnent un peu à manger et continuent à les opprimer. Nous disons : « Pas de unga (la céréales qui constitue l'alimentation de base), pas de Constitution. » La majorité des pauvres a très faim, on ne peut pas écrire un texte fondamental dans ces conditions.
Quelles sont vos autres revendications ?
Les élections. Elles ne sont plus du tout à l'ordre du jour parce que les Kényans ont eu trois élections générales, mais ils sont toujours divisés selon des clivages tribaux. Le chaos perdure et les déplacés intérieurs n'ont pas pu retourner chez eux.
Ensuite, il y a l'insécurité. Elle est toujours inacceptable. Mais le Président, qui est le commandant en chef, a refusé d'exercer le pouvoir que lui confère la Constitution. A cause de cette vacance, différents groupes et les « vigilantes » continuent à commettre des crimes et la police de s'adonner à des exécutions extrajudiciaires. Et le pays est menacé : par les pirates qui sévissent dans l'Océan indien, par la Somalie au Nord, et par l'Ouganda, qui pourrait nous envahir à tout moment, à l'Ouest. Nous devons mettre sur pied un appareil sécuritaire important pour désarmer les gangs.
Finalement, il y a la réforme du pays. Nous avons perdu confiance dans les institutions de gouvernance et dans la démocratie. Nous ne croyons plus au parlement, au gouvernement et au pouvoir judiciaire. Les deux leaders doivent résoudre ce problème de confiance et mettre en place une commission électorale pour superviser les élections.
Ces cinq questions sont essentielles. Le Kenya a été fortement tribalisé par les deux chefs. Ils n'ont rien fait pour panser les plaies de la nation, alors qu'ils sont responsables de la réconciliation. Ils doivent détribaliser le pays.
http://www.rue89.com/rue69/2009/05/11/au-kenya-la-greve-du-sexe-force-les-politiciens-au-dialogue
La grève du sexe manque sa cible au Kenya
- Depuis une semaine, des Kényanes font la grève du sexe.
Photo: AP
Alexandra Arbour |
(Nairobi) Les grèves de la faim sont si courantes qu'elles passent inaperçues, estiment des femmes du Kenya qui ont décidé, pour se faire entendre, de faire une grève...du sexe. Nos collaborateurs font le point sur l'efficacité de ce moyen de pression inusité.
La grève du sexe lancée la semaine dernière au Kenya fait peu d'adeptes. Des films érotiques sont toujours projetés dans des autobus de Nairobi et les femmes interrogées par La Presse n'ont pas l'intention de priver leurs hommes d'une partie de jambes en l'air.
À l'origine du mouvement, une coalition de 10 groupes de défense des droits des femmes veut éviter que le pays ne sombre de nouveau dans le chaos des élections de décembre 2007, où 1500 personnes ont péri.
«Nous aurions pu faire la grève de la faim, mais personne ne nous aurait remarquées, soutient Rukia Subow, présidente du plus vieux regroupement de femmes au pays, Maendeleo Ya Wanawake. La situation est tendue et l'équilibre du pays ne tient qu'à un fil. Nous voulons que les politiciens agissent contre la famine et la violence.»
Le 21 avril dernier, un gang de rue s'est attaqué à la population d'un village du centre du pays à coups de machettes et de pierres, tuant 26 personnes. Selon la coalition, cette violence est le résultat de la lutte de pouvoir que se livrent le président Mwai Kibaki et le premier ministre Raila Odinga.
Le sexe, un tabou
Assise dans un parc du centre-ville de Nairobi, Nessa Odheambo, 18 ans, prend un bain de soleil avec quelques amis. Elle soutient que repousser son homme est une offense que plusieurs n'oseront jamais commettre.
«Au Kenya, certaines femmes sont battues par leur mari pour qu'elles aient des relations sexuelles, dit-elle. Cette grève ne fonctionnera pas puisque notre société n'est pas assez moderne.»
À Kibera, plus grand bidonville d'Afrique, au coeur de Nairobi, l'idée d'une grève du sexe en fait rire plus d'une.
«C'est stupide et égoïste, s'exclame Gabriela Juma, 21 ans, les pieds dans la boue du quartier constitué de maisons de tôle. Comme épouse, renoncer au sexe équivaut à brimer les droits de son mari.»
Le sexe est toujours un sujet tabou en Afrique, selon Lilian Mutanda Arunze, autre habitante de Kibera. «Cette grève n'aura pas d'impact, affirme-t-elle. La vie privée et la politique sont deux choses distinctes. Une fois dans mon lit, il n'y a que moi et mon époux. J'y fais ce que je veux.»
Tout le monde en parle
Mme Subow, musulmane au voile noir, reconnaît que peu de femmes respectent cette semaine de l'abstinence.
«Nous ne sommes pas dans les chambres à coucher des gens et n'avons pas de police du sexe. Le but est de faire parler de nous et, jusqu'à présent, tout le monde en parle!»
Ce moyen de pression inusité prend fin aujourd'hui.
Si la plupart des femmes ne croient pas que l'abstinence soit le meilleur moyen de panser les plaies du Kenya, plusieurs reconnaissent l'urgence d'agir.
«Nous devrions aller par centaines parler au président les yeux dans les yeux, martèle à la sortie de la messe une pasteure pentecôtiste, Veronica Ochuka. Si ses filles ou sa femme étaient violées, il agirait. Qu'il fasse la même chose pour son pays!»
Jeudi dernier, la femme du premier ministre, Ida Odinga, a annoncé qu'elle se joignait au mouvement. Cette initiative amuse Doyle Nyakundi, un acteur de Kibera.
«La grève du sexe n'est pas dramatique pour les politiciens. De toute façon, ils sont tellement vieux qu'ils n'auraient probablement pas eu de relations sexuelles cette semaine!»
République du Kenya
Capitale : Nairobi
Superficie : 582 650 km2
Population: 37,5 millions
Groupes ethniques: Kikuyu (22%), Luhya (14%), Luo (13%), Kalenjin (12%), Kamba (11%), Kisii (6%), Meru (6%), autres (16%).
Langues: anglais (langue officielle), kiswahili (langue officielle), nombreuses langues indigènes.
Religions : protestants (45%), catholiques (33%), islam (10%), autres (12%).
Régime: république
Président : Mwai Kibaki
12 mai 2009
La Belgique sur LCP
La chaîne parlementaire française propose une émission: "parlez-moi d'ailleurs", où il est question des crises qui secouent actuellement mon pays natal. Je n'ai pu la regarder mais la chaîne propose une rediffusion samedi, à 17H02. Un titre un peu ... "La Belgique est-elle morte?"
Crise politique, crise économique, crise identitaire… La situation du royaume de Belgique est au cœur de la tourmente. Chronique d’un divorce annoncé ! L’unité entre les deux principales régions belges se fissure : la Flandre, au nord, qui revendique son indépendance et la Wallonie, au sud, majoritairement favorable au maintien de l’unité.
Audrey Pulvar, entourée de députés et d’experts, vous propose d’aborder cette problématique qui secoue la Belgique au cour de l’Europe.
17 décembre 2008
casino: fraîcheur à marée basse
Géant Casino St Anne : fraîcheur à marée basse…
Ce matin, un peu avant 11H, nous voilà arrêtés devant l’aquarium de la poissonnerie du Casino. Ulysse et Héloïse, 2 et 4 ans, sont en extase devant Omer, le crabe des mers, et son copain le homard. La conversation avec les crustacés bat son plein lorsque notre attention est tout à coup attirée par deux gendarmes en uniformes qui enfilent chacun une fine paire de gants plastifiée. La tension monte chez les maraîchers, la fébrilité gagne les regards et les gestes. Les portables sortent comme des gâchettes, les allers-venues se multiplient autour des gendarmes qui entreprennent une inspection dans les règles. Impassibles, systématiques, ils se fendront de quelques conseils d’hygiène, toujours aimables. Nous, on blémit, tandis que je demande aux enfants de dire au revoir aux poissons, ces derniers insistent : « Et pourquoi ils ont les yeux ouverts ? » , « Comment ils font pour dormir s’ils ont pas de paupières ? », « Alors, ils dorment ou ils sont morts ? ». Ils sont morts. Le problème, c’est que les moules aussi, sont mortes. Les gendarmes exigent le retrait immédiat d’un sac qui constituait les prochaines ventes. Voilà quelques consommateurs qui l’ont échappé belle. Il y a du poisson congelé qui n’est pas étiqueté comme tel. « Oh, c’est rien, ça, j’ai enlevé l’étiquette ce matin » ( ?!?!), la balance qui ne pèse pas correctement…et le florilège continuera pendant plus de 30 minutes. A vrai dire, rien ne semble convenable, poissons, glaces, tout est sujet à commentaires. Les gendarmes se retirent derrière le « comptoir » pour ce qui semble être un compte rendu avec effet immédiat : des produits sont enlevés de l’étalage…je prends 2 photos, de loin.
Car nous nous sommes éloignés, dégoûtés. Autour de la poissonnerie, c’est la panique, la responsable du magasin est appelée au chevet des crustacés. Une dizaine de personnes s’affairent, portable et walkie vissés aux oreilles. A l’accueil, un homme en vert s’approche, exige le numéro du responsable traiteur de toute urgence. Au rayon frais, une verte armada débarque : tous les produits sont passés au crible : les dates de péremption vérifiées. Il y a des murmures qui s’élèvent, un employé s’exclame : « C’est pas normal, chez Carrefour, ils font plus de chiffre que nous. ». Je retourne l’injustice décriée dans tous les sens pour essayer de saisir le sentiment qui a envahi l’employé, je tâche de retrouver la logique de sa protestation. Mais il n’y a qu’une chose qui me vient à l’esprit : ces moules, nous avons failli les acheter. Et je ne peux m’empêcher d’imaginer mes 5 enfants aux urgences avec une solide intoxication alimentaire, ou pire. N’est-ce pas là la véritable injustice, la dépendance et l’impuissance du consommateur face aux superstructures financières qui ont vampirisé la quasi-totalité des circuits de l’alimentation ? N’y a-t-il pas une charte du consommateur qui puisse garantir qu’à défaut de le nourrir sainement à un prix correct et de soutenir l’essentiel : ceux qui produisent, on puisse au moins ne pas souffrir ou mourir empoisonné ?Une autre employée me murmure, alors que je venais de partager avec elle mon ressentiment : « Moi, j’achète le poisson chez Auchan, le jour de l’arrivage ». Et bien moi, je vais continuer à l’acheter chez Picard, où les poissons sont congelés sur les bateaux et vendus comme tels. Et je ne sais plus à quel sein me vouer pour les crustacés. La semaine dernière nous avons tous eu d’affreuses crampes au ventre, pendant 24H, nous n’avions pourtant rien mangé qui eût pu paraître litigieux. Nous n’avons jamais su d’où cela venait. Pendant ce temps, en ces temps festifs, dans l’escarcelle des actionnaires, les écus tombent.
05 novembre 2008
Le discours d'OBAMA
2008-11-05 08:45:32
WASHINGTON (AFP)
Barack Obama après son élection à la présidence américaine, le 4 novembre 2008 à Chicago (Illinois) devant une foule de partisans dans son fief de Chicago (Illinois, nord).
- LE CHANGEMENT: "Le changement est arrivé en Amérique."
"Il a fallu longtemps. Mais ce soir, grâce à ce que nous avons accompli aujourd'hui et pendant cette élection, en ce moment historique, le changement est arrivé en Amérique"."Si jamais quelqu'un doute encore que l'Amérique est un endroit où tout est possible (...) la réponse lui est donnée ce soir".
- LES DEFIS A RELEVER
"C'est votre victoire", a-t-il assuré en rendant hommage aux "millions d'Américains bénévoles" qui l'ont aidé dans sa campagne."Vous l'avez fait car vous comprenez l'immensité de la tâche qui nous attend. Parce qu'à l'heure où nous célébrons la victoire ce soir, nous savons que les défis de demain sont les plus importants de notre existence -- deux guerres, une planète en péril, la plus grave crise financière depuis un siècle"
"Il y aura des revers et des faux départs. Nombreux sont ceux qui ne seront pas d'accord avec chaque décision que je prendrai en tant que président et nous savons que le gouvernement ne peut résoudre tous les problèmes. Mais je serai toujours honnête avec vous quant aux défis auxquels nous sommes confrontés. Je vous écouterai, particulièrement lorsque nous serons en désaccord".
- LE MESSAGE A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE
"A ceux qui nous regardent ce soir au-delà de nos frontières, des parlements aux palais en passant par ceux qui sont assemblés autour d'une radio dans les coins oubliés du monde, nos histoires sont singulières, mais nous partageons le même destin""A ceux qui voudraient détruire le monde, nous vous battrons. A ceux qui aspirent à la paix et à la sécurité, nous vous soutenons".
- LA QUESTION RACIALE
"Ce soir, je pense à cette femme qui a voté à Atlanta (...) Ann Nixon Cooper a 106 ans. Elle est d'une génération née juste après l'esclavage. A une époque à laquelle quelqu'un comme elle ne pouvait pas voter pour deux raisons: parce que c'était une femme et à cause de la couleur de sa peau".
- L'HOMMAGE A SON ADVERSAIRE REPUBLICAIN JOHN MCCAIN
John McCain "a bataillé dur et longtemps au cours de la campagne, et il s'est battu plus durement et plus longtemps encore pour le pays qu'il aime. Il a enduré des sacrifices pour l'Amérique que la plupart d'entre nous ne peuvent même pas imaginer, et nous avons profité des services rendus par ce dirigeant courageux et altruiste".
"Je le félicite, ainsi que la gouverneure Palin (sa colistière, ndlr)", et "je suis impatient de travailler avec eux".
S'adressant aux électeurs républicains, il a affirmé: "Je n'ai peut-être pas remporté votre vote, mais je vous entends, j'ai besoin de votre aide, et je serai également votre président".
01 novembre 2008
la chanson du dimanche
La chanson du dimanche>
28 octobre 2008
Barack Obama: de la race en amérique
Les éditions Grasset ont publié, en version bilingue, le discours que Barack Obama a prononcé à Philadelphie le 18 mars de cette année.
Pressé par "l'affaire du pasteur Wright" de répondre à la polémique sur ses véritables orientations et motivations, il ne s'agissait plus seulement de rassurer l'opinion et d'affirmer ses convictions, mais: "de prendre le temps d'expliquer aux américains blancs ce qu'est un noir aux Etats-unis en 2008, et un chrétien noir dans une église noire. Et comment il se définit par rapport à la majorité blanche. En un mot, dire ce que personne d'autre n'avait osé dire pendant une campagne présidentielle."
Il y a une introduction, bien écrite, claire et concise, pédagogique, qui reprend la biographie du sénateur et les circonstances qui ont entouré ce discours.
Reconnu par tous les bords politiques comme étant l'égal du célèbre "J'ai fait un rêve" de Marthin Luther King,
à mille lieues d'un discours politicien, le discours du sénateur-candidat dépasse la politique américaine pour proposer une réconciliation ethnique à toutes les sociétés modernes.
Prononcé dans un lieu symbolique -le premier étage du musée de la Constitution- dans la ville où fut conçue la démocratie américaine. Son discours commence par ces mêmes trois mots qui sont l'en tête du préambule à la Constitution: "We, the people, in order to form a more perfect union".
Union, patriotes, tyrannie, esclavage vont ponctuer ce discours au titre évocateur: "A more perfect union".
A J-7, une vraie bonne lecture que je vous recommande chaudement!
La vidéo du discours: http://www.youtube.com/watch?v=pWe7wTVbLUU
Désolée, sur you tube, pas moyen de mettre une vidéo en direct sur ce blog: si qqn a une idée?
Le texte complet en français (même si la traduction n'est pas parfaite et aussi soignée que dans le livre) et en anglais.
http://globe.blogs.nouvelobs.com/archive/2008/03/21/le-grand-discours-d-obama-en-francais.html
09 octobre 2008
Compte rendu du débat entre Obama et Mc Cain
Entre Obama et McCain, un débat aux règles inhabituelles

© REUTERS2008
par Jeff Mason
NASHVILLE, Tennessee (Reuters) - Public disposé sur des gradins surélevés, questions posées par des spectateurs, candidats répondant debout, micro à la main: le deuxième des trois débats prévus entre Barack Obama et John McCain a offert mardi soir un dispositif inhabituel pour ce genre d'événement politique.
Au-delà de la substance de leurs discours, ce format, précédé de négociations minutieuses entre leurs équipes de campagne, aura permis d'observer aussi l'attitude des deux prétendants à la Maison blanche, le "langage de leurs corps".
Tous deux ont protesté contre les règles encadrant leurs échanges, et décidé de les modifier en cours de route pour donner davantage de temps à la réfutation des arguments avancés par l'un et l'autre.
Quatre-vingt-dix minutes durant, les deux hommes ont arpenté la scène rouge de la Belmont University de Nashville, Tennessee. On les a vus se pointer d'un doigt accusatoire.
McCain, qui avait évité le regard d'Obama lors de leur premier débat, le 26 septembre dernier, s'est cette fois adressé directement à son adversaire démocrate.
En évoquant son soutien au Sénat à un projet de loi sur l'énergie, que lui-même avait rejeté, il l'a interpellé d'un guère respectueux "celui-là" ("that one").
Le 26 septembre, Obama avait appelé son adversaire républicain par son prénom. Mardi soir, il lui a donné du "sénateur McCain".
Les deux candidats ont également pu s'adresser directement au public, parfois sur le ton de la confidence.
McCain, qui affectionne ces séances de questions-réponses avec le public, s'est parfois trop approché des Américains retenus pour poser des questions aux deux candidats. Certains ont paru un peu mal à l'aise. Le sénateur de l'Arizona a détendu la situation, donnant une tape amicale sur le dos d'un des invités du public qui lui a serré la main en retour.
Obama s'est autorisé moins de traits d'humour que McCain, dont les tentatives de dérider les spectateurs ont parfois fonctionné, parfois non.
Les plans de coupe permettaient également d'observer un candidat lorsque l'autre s'exprimait. Par moments, McCain a semblé ne pas vraiment savoir comment se tenir, posant la main sur son tabouret; Obama lui est resté patiemment assis sur son tabouret, répondant par un sourire aux attaques de son rival.
Version française Henri-Pierre André
























