3 jours à Paris, de retour de Belgique.

Le voyage n'avait pas très bien commencé: à la gare du midi de Bruxelles, un homme s'enfuit avec une de nos valises. Plus de vêtements pour moi et une partie de ceux des bébés. Il faut encourager toute la tribu, ne pas se laisser envahir par cette agression. Ce n'est pas un voleur qui va nous gâcher notre escapade!
Nous arrivons à la gare du nord. Pause déjeuner dans un Buffalo Grill. Ambiance sympa, repas agréable et franchement bon marché. Le séjour parisien commence bien, tout compte fait.

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Direction le Bed and Beakfast. Nous nous trompons de sens et nous atterrissons à Barbès. On a l'impression d'être dans un film policier des années 80! Demi-tour, direction le sentier. Le guide du routard en boussole, on trouve le nid. Une porte, des couloirs interminables, on est pas trop à l'aise. Quelques panneaux flèchés finissent par nous indiquer la bonne porte. C'est un ancien appartement transformé en un genre d'auberge de jeunesse. Ca fait un peu marchand de sommeil, mais les chambres sont propres, la literie neuve, moelleuse et impeccable. paris_223_1_ L'acceuil chaleureux, le patron prépare un goûter petit-déjeuner aux enfants. Le petit-dèj. s'avèrera copieux et complet. A 15 euros la nuit par personne, c'est inespéré. Nous sommes à 1 km du Louvre.
Cet après-midi-là, nous avons prévu de visiter une exposition d'archéologie sous-marine. On découvre d'abord le Pont-Neuf (analysé sous tous ses angles pendant une émission de "C'est pas sorcier),paris_078_1_ après avoir fait une petite ballade en bus le long des grands boulevards. Au loin, la tour Eiffel s'élance, nous ne l'approcherons pas plus pendant ce voyage.
Les trésors engloutis d'Egypte du Portus Magnus de l'antique Alexandrie. La magie est au rendez-vous. Ulysse et Héloïse sont émerveillés.paris_080_1_ Le jeu de son et lumière envoûtant. Anaïs avait préparé l'exposition en étudiant quelques hiéroglyphes. Elle traduit toute une pierre à César et Jeanne et les visiteurs s'arrêtent, se penchent au-dessus d'elle pour l'écouter. Impressionant! Ce sont des objets du quotidien qui s'offrent à nos regards. Le temps semble suspendu. Une magnifique exposition. La nuit est tombée. Lorsque nous sortons, l'air est doux et toute la ville est illuminée.
Le lendemain matin, le décollage est plus difficile, la nuit à été rude, Ulysse se réveille encore presque toutes les heures. Héloïse a été malade et cela a débordé sur la couette, l'oreiller, une catastrophe. L'hôtelier est compréhensif, jette la literie, il me demandera 15 euros en sus. C'est raisonnable. On fait un peu le tour du linge disponible, une valise manquant à l'appel.
En route pour le Louvre! Toujours avec le guide du routard. Trouver l'entrée n'est pas évident!
Après une courte balade, on se restaure sur place -et franchement, autant emmener un sandwich...- et on part à l'assaut. Les appartements Napoléon III on fascinés Jeanne, qui s'y installerait bien à demeure. Les sculptures françaises, le moyen-âge.La peinture. Très franco-française. Une suite d'oeuvres très intéressante pour expliquer le passage du moyen-âge à la Renaissance en découvrant la perspective. Il y a même une dame qui quitte son guide livresque pour nous suivre et nous poser des questions. Décidément!
Jeanne fait trembler un tableau de Rubens d'au moins trois mètres de hauteur en s'appuyant dessus, et sa pauvre mère par la même occasion. L'émotion à son comble devant la Dentellière, en vrai. Les enfants son surpris par la petite taille du tableau.
La Joconde est cernée de paparazzis. Heureusement, un gardien nous interpelle et nous propose de nous installer tout devant. Les enfants font des allers-retours pour la voir les suivre du regard. Je ne l'avais jamais vue "en vrai" et c'est comme retrouver une amie d'enfance. Je lui souris. Elle aussi. Complicité au rendez-vous. La grande galerie, je fais une pause et m'installe sur un des canapés.
Les 3 grands courent voir "Le radeau de la Méduse". Anaïs se délecte à raconter les détails de cette histoire vraie, Jeanne est dégoûtée. César s'arrête. C'est un qui a tous ses suffrages.
J'ai acheté quelques cartes postales d'Italiens, on joue à retrouver les oeuvres avec Héloïse. La Vénus de Milo. En vrai aussi. Les bras nous en sont tombés.paris_191_1_ Malheureusement,, malgré la nocturne, on doit sacrifier bien des salles, voire des ailes entières. Nous survolons le département d'égyptologie, un des plus important au monde avec celui de Berlin. Nous avions pourtant prévu de l'approfondir...las, le temps nous échappe.paris_207_1_
D'autant que nous ne passons pas inaperçus: la poussette double grince effroyablement. Figée dans une contemplation bien légitime, 3 salles plus loin que nous, Anaïs, esclaffée, entendra une dame s'exclamer qu'il est honteux de faire des travaux pareils pendant la journée. Cette visite écourtée nous laissera sur notre faim. Quelques merveilleuses statuettes romaines m'ont un peu consolée.
A nouveau, la nuit bat déjà son plein lorsque nous sortons.
Et c'est là que le terme de Ville-Lumière prend tout son sens! Nous glissons à pied jusqu'au "Chartier". On pénètre-là en plein XIXème siècle! Chrome, cuivre, grands lustres, mezzanines, serveurs empressés, fournées de clients cosmopolites, une ruche hausmanienne que Zola aurait adoré décortiquer!paris_221_1_
Repus, on se glisse doucement dans nos lits. Le couvre-feu est respecté. Le lieu étonnemment calme pour un logement en ville. Tant mieux.
Le lendemain, nous plions bagages, direction l'Orangerie. Notre paquetage chargé sur la poussette, et à nos dos de mulets! Ca fait un peu zèzètte à Paris.
Tant pis, on avale mille souvenirs à la minute. Nous repassons par la cour du louvre, pause déjeuner sandwich. On siffle nos derniers cécémels. Snif!paris_230_1_
Le jardin des Tuileries traversé, nous approchons de l'Orangerie. La journée est plutôt ensoleillée, l'obélisque éclate de ses ors, non loin.
Une longue file s'escargote devant l'entrée du musée. On s'effondre, à estimation de groupes de 10, il doit y avoir 400 personnes. Impossible de la visiter, le tempssera trop court si on attends plus d'une heure. J'abandonne enfants et bagages sur un banc et m'avance résolument vers un vigile à l'entrée. Il nous laisse passer!
A l'entrée, il faut ouvrir tous les bagages. Glups. L'opération terminée, nous nous avançons à la rencontre de Monet. Les 2 salles en éllipse sont inondées de lumière. Dès le premier pas, la déception m'étreint. C'est ça, les Nymphéas? Nous nous asseyons.paris_268_1_ Là, l'oeil s'est réglé sur "mode impressioniste" et la magie opère...engloutis dans l'eau paisible, happés par la couleur, submergés par le mouvement ondoyant de l'onde qui nous hypnotise. Les heures du jour défilent, le ciel se couvre et s'illumine, le coeur et l'esprit s'emballent sur ce rythme infini. Ulysse tiendra debout tout seul pour la première fois, tendu comme un arc par l'excitation, ses cris de joies s'élancent, émerveillés, comme autant de billets admiratifs pour le peintre magicien.paris_273_1_ Nous nous arrachons, déracinés, de l'endroit à contrecoeur.
César s'arrête, fasciné par les maquettes des transformations successives de l'Orangerie.
Renoir, Cézanne, Picasso comme quand je l'aime (cad pas souvent!). J'aurai pu venir à Paris à pied rien que pour ces rencontres-là. Toute la collection est extraordinaire. Les Soutines ravissent les enfants. Ils ne s'en lassent pas, hilares. Il nous faut partir encore. Que d'adieux! Sur un dernier baiser...de Rodin.paris_300_1_ Nous enjambons la Seine. Au loin, l'ïle Saint Louis.paris_303_1_ Une autre fois.....Notre caravansérail grimpe dans un bus, vers la gare de Lyon.
Paris, c'est fini, et dire qu'on serait bien restés encore un peu....