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Un témoignage d'un parcours IEF/BAC un peu..."différent"


Ma grande a  souffert de phobie scolaire et été déscolarisée en 6 ème.

Jusqu'à présent, mes enfants n'avaient jamais voulu de cpc, et surtout pas le CNED, qui, pour reprendre les mots de mon aînée: "est pire que l'école sans en avoir les avantages" (socialisation). 
Juste après le brevet, Anaïs a voulu présenter le BAC français (enfin, en L, il y a désormais 3 examens
s: français, maths, sciences).

Nous avons trouvé une école privée hors contrat qui après bien des tergiversations, a bien voulu la prendre pour des cours de maths (2H/semaine) et français (4H/semaine): un budget de 240 euros/mois pendant 7 mois.

Elle a également suivi quelques cours de sciences avec un étudiant passionné dans un centre social de quartier, rencontré dans un bus, conversation engagée car je me promenais avec mes 5 enfants en plein temps scolaire.

Et pour le reste, conversations informelles et internet. Résultats moyens (juste la moitié) en français/maths et 16/20 en sciences. En français, le résultat fut moyen à cause d'une mauvaise gestion de son temps et des points. Anaïs a passé beaucoup de temp sur les "petites questions" à 4 points et il n'y en avait plus assez pour la dissert, or c'est une dissert' que lui avait recommandé sa prof, son orthophoniste...et sa maman!

Elle a donc choisi le comm' de texte, mais ce n'est pas son point fort...(elle est facilement hors sujet) résultats mitigés, donc, plus à cause de mauvais choix qu'à cause de ses connaissances théoriques qui étaient plutôt bonnes.

MAIS ces cours de français lui ont donné une technique de travail qui lui a bien servi par la suite.

Elle a souhaité réintégrer l'école en terminale. Les trajets étaient très long, à Noël, elle était à la fois épuisée et déçue du temps perdu sur place (intercours, profs absents, etc...). 
Nous avons été obligé (alors qu'elle était à l'école!) de prendre des cours du CNED pour les maths l'école ne proposait pas cette option et terminale L. Jamais ouverts. Trop fastidieux, abscons.

Anaïs avait un an "d'avance" on se s'est pas trop arraché les cheveux lorsqu'elle n'a plus voulu aller à l'école.
En août, elle a envisagé de présenter le jury central (l'examen auquel prépare les cours EAD belges).
Le problème, c'est qu'Anaïs ayant vécu des apprentissages informels, elle savait à peine faire une addition de fractions ( ce qui n'était pas un souci pour le programme du BAC L en maths: stats, proba et suite de nombres), or, la Belgique, et donc le Jury Central, ont au programme un niveau de maths très élevé. 
Elle a donc intégré une école privée, sur place, (une maison, un prof, 15 "élèves"; 350 euros/mois) pour se préparer en maths, en accéléré.

4 mois plus tard, elle présentait l'examen.

Elle a été reçue seconde de sa promo (toute la Belgique francophone!). 
Taux de réussite: 7% des inscrits, mais beaucoup de jeunes attérissent là parce qu'ils sont en échec scolaire.

Les examinateurs (presque tous les examens sont oraux, y compris les maths) ont été agréablement surpris du résultat de ce parcours. 

Sa préparation en français lui a bien servi: 18/20 à l'examen! Vraiment chouette, tout le personnel, y compris le service administratif qui l'a bien choyée. ( et je l'ai été moi aussi!) Quel grand écart avec l'EN!!!
Aujourd'hui, en prépa (c'est possible en cours d'année en Belgique), elle a choisi de rester là-haut pour intégrer sciences-po, zappant les incongruités du type: "pas de notes scolaires, même si l'examen d'entrée est bien réussi, pas moyen d'intégrer les grandes écoles"...

Bien alambiqué comme parcours...mais cela illustre qu'il existe tout de même tout un éventail de possibilités et qu'on peut sortir du traditionnel CNED/BAC. Même en France (capacité en droit, quelques cours privés, centres sociaux, maisons des jeunes, annales...)

Mais je vous accorde que cela nous a valu bien des heures de brainstorming et que voir son bébé de 17 ans partir à 1200 bornes...pffff...c'est rude!

Apprendre à vivre seule quand on a vécu en famille nombreuse aussi! Mais tout s'efface devant les résultats et à la vue de l'épanouissement personnel de l'enfant, enfin, la jeune fille, enfin, la jeune femme (elle vient de fêter ses 18 ans, ce bébé!)

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