Il y a un sujet vraiment intéressant au sujet du BAC qui passait sur la liste de discussion de led'a, l'association pour la liberté d'instruction, au mois de juillet, mais sans connection, je n’ai pas pu participer.
Alors, quelque jours avant la rencontre qui a lieu en Bretagne, je relance le sujet….

Anaïs avait un parcours un peu particulier cette année. Pour des raisons au départ psychologiques (un deuil dont elle se remettait mal) j’ai cherché une solution pour la sortir de sa prostration.
Donc, au départ, ce n’était pas une illumination pédagogique soudaine, mais plutôt un urgent besoin de socialisation à pas trop forte dose, une thérapie par l’école à dose homéopathique en somme (au secours, c’est vraiment moi qui écrit ça ?).

Je fais l’impasse sur la réaction des écoles contactées à qui je demandais si ma grande pourrait suivre juste quelque cours….en argumentant pourtant, bien sûr !
Toutefois, une oreille un peu plus bienveillante m’a suggéré une école privée hors contrat avec qui nous avons pu faire affaire.

6H de cours/semaine (français/maths) pour 240 euros/mois…
Sur place, Anaïs a choisi de passer les épreuves anticipées du BAC directement, zappant ainsi la seconde. Elle ne se sentait pas d’aller à l’école ou d’étudier quoi que ce soit qui lui soit contraint sans un solide objectif. Ce que je conçois très bien.

Va donc pour les épreuves anticipées de français/maths/sciences.
L’école enthousiasme Anaïs, les cours lui plaisent, et nous commençons à faire une partie du programme de sciences : recherches sur internet ensemble et papotages.

L’année avance, Anaïs ne travaille pas en dehors des quelques devoirs demandés, mais les profs ont l’air enchantés. Elle a démarré avec 8/20 en maths et finit l’année avec 17/20, même acabit pour le français avec des notes plus élevées.

Pourtant, la tension monte : je vois bien que les textes ne seront même pas tous lu, et la période de « travail » que nous avions imaginée deux mois avant l’échéance ne démarre jamais.

Et pas de coup de main pour le déménagement non plus, la fratrie râle et moi, je ronchonne aussi.
Entre temps, nous trouvons, dans le bus, un jeune étudiant surdoué et excentrique qui donne des cours dans un centre social. Anaïs y va pour les sciences. Il « donne cours » debout, disgresse, papote, bref, c’est un peu comme à la maison, Anaïs est ravie.

Les examens approchent, je m’inquiète, la directrice me rassure : selon elle, la question n’est pas de savoir si Anaïs va réussir ou pas mais quelle mention elle va avoir.

Bon, elle a déjà fait le coup pour le brevet, mais là, pour le BAC, je suis dubitative.

L’examen arrive. Il a été convenu, avec l’accord d’Anaïs, sur les conseils de la prof de français, de l’orthophoniste et…les miens, qu’Anaïs choisirait plutôt la dissert., parce qu’elle est facilement hors sujet (pour l’objet d’invention), qu’elle n’arrivait jamais à déterminer si le commentaire devait être en deux ou trois parties, et que l’argumentation étant le dada de la famille, elle baigne dedans depuis des années.

Mais Anaïs est de plus en plus imperméable à mes conseils. Je n’interviens pas au sujet de la matière, ou si peu, mais dès que j’aborde l’aspect « technique » de l’examen, elle se retranche derrière des « on a déjà vu avec la prof, la prof a dit que… » Bref, ce passage à l’école m’a enlevé toute crédibilité.

Or, passer un examen, en France surtout, c’est d’abord avoir intégré des codes.

Parce qu’entre nous soit dit, que le commentaire de texte ait 2 ou 3 parties, qu’est-ce qu’on s’en f….
N’est-ce pas la qualité du contenu plutôt que la rigidité subjective de la forme qui devrait primer ?

Passer un examen, c’est aussi tâcher de ne pas perdre des points avant de chercher à en gagner. Donc, bien lire les consignes. Et être fin commerçant.

Quand il y a des questions à 4 points, et UNE autre à 16 points, on fait d’abord celle qui rapporte des sous et on finit par celle qui grapille des mentions.

Et Anaïs a passé 2 heures sur les questions à 4 points avant d’attaquer l’objet d’invention, puisque c’était ce qui semblait le plus rapide.

L’oral de français a duré…1 heure quarante !!!!!! (au lieu de 20 minutes).

Le prof a choisi d’intervenir pendant la première partie (qui est une présentation du sujet) et Anaïs s’est donc chargée de lui expliquer que normalement, ce n’est pas comme ça que l’examen doit se passer et….elle rentre en m’expliquant que vraiment, le prof n’était pas d’accord avec elle mais qu’elle a tenu à défendre son bout de gras tout de même. L’ombre des enfants libres de l’IEF n’est jamais loin  ; )  ….

Sur le coup, je vois surtout sa fatigue, les larmes contenues dans ses yeux et son épouvantable migraine.
Je fulmine et des envies de strangulation d’employé de l’EN m’envahissent.
Ce que j’étais parvenue à transmettre pour le brevet n’a pas pu être réitéré pour cause de « détournement d’autorité » par l’école. Le secret de la réussite était là : la transmission par la discussion. Et la discussion était rompue à cause de l’interférence-ingérence scolaire.

La pilule a été amère, pour moi en tout cas, et j’imagine, pour Anaïs aussi.

Donc, nous voilà en Touraine, début juillet, Anaïs en Belgique en vacances chez son papa. Nous sommes sans tél fixe, et c’est par SMS que je découvre les notes : 10/20 en maths, 10/20 à l’oral français et 7/20 à l’écrit de français…accompagné d’une petite phrase sibylline : « quand je pense que j’en avais encore moins foutu pour le brevet et que je l’ai réussi…. »….

Aaaarggllll…..

Et les sciences, seule matière vue à la mode IEF ?
16/20.

Là, il y a une petite phrase qui clignote : NO COMMENT…