Appel perdu.

A vrai dire, perdu avant même qu'on entre dans la salle d'audience.

Le refus de César et Jeanne de rentrer à la maison est le seul argument avancé par la juge.

On a bien eu des "désocialisation/déscolarisation", Ah! ça!

L'instruction en famille et ses clichés.... 

Nous avons produit une impressionnante liste de pièces d'activités extérieures, de témoignages de familles qui recevaient nos enfants et réciproquement, etc...rien à faire...

Une nouveauté cette fois-ci: pourquoi TOUS les enfants? 
J'explique. Quand j'arrive à la 4 ème, on me dit

-"Ah, mais c'est normal elle suit les grands"

et si je réponds que le 5 ème veut aller à l'école, donc que l'argument tombe, silence radio. 
Quand on me dis que je n'"individualise" pas, je réponds:

-"Si, j'individualise, Ulysse était inscrit depuis janvier à l'école, ma grande a fait une terminale, nous étions en démarche pour inscrire César".

Silence radio aussi.

On m'accuse d'avoir transformé ma maison en "taudis" (faut voir la description des AS....et j'ai réussi à ne pas répondre), la juge interpelle mon mari à ce sujet. L'avocate intervient.

Les "violences" reviennent sur le tapis:

-"Oui, il n'y en a aucune trace" dit la juge (et de fait même ma belle-mère avait dit qu'elle nous soupçonnait mais qu'elle n'avait été témoin de rien....

-"Mais alors pourquoi les grands ne veulent-ils pas renter au foyer?"

Ben....ce sont des ados à qui on propose un appart et une totale liberté, en perspective, on se le demande....

Mais bon, ça je ne peux pas le dire, je suis juste une mère incapable d'entendre la "souffrance " de ses enfants.

Il faut bien reconnaître que pour avoir pondu deux gamins aussi cruels, menteurs et égoïstes, je dois bien avoir fauté quelque part. Et ce, même si il y avait une personne toxique dans leur entourage qui leur montait le bourrichon.

Ils ont vus, et instigués sans sourciller, le placement de leurs plus jeunes frère et soeur. L'expulsion de leur parents. Le haro des AS, des tribunaux.

L'image des enfants-soldats me revient sans cesse.

Evidemment qu'il y a un problème psychologique, voire psychiatrique, grave. Ce serait peut-être bien de demander une expertise, psychiatrique, puisque finalement c'est la seule chose qu'on nous reproche ET qui justifie le placement selon les magistrats.

Et nous avons assez souvent fait appel à des orthophonistes, des ergos, etc..., à des pédo-psychiatres, que pour prouver que nous avons toujours su nous tourner vers des professionnels lorsque nous sentons que le problème nous dépassent.

Ce n'est pas en voyant les grands deux heures/semaine, alors que la tante, qui leur a offert à chacun un tel. portable dernier cri, coup de fil et internet illimité, les martèlent quotidiennement au tel, que les choses vont s'organiser.

Le discours des grands, que je ne vais pas reproduire ici, puisqu'ils ont un accès à la lecture de ce blog, est vraiment inquiétant. Notamment lorsqu'ils parlent de leur grand-mère. mais personne ne réagi.

On dirait que le fait qu'ils soient présent dans un établissement scolaire suffi à garantir un épanouissement personnel.

Que l'établissement en question soit absolument inapte à leur porposer des solutions à leurs troubles d'apprentissages, qui sont réels et qui, en eux-mêmes, explique déjà une bonne partie de leur mal-être, ne trouble personne.

D'ailleurs, il n'y avait personne pour assister à la réunion parents/profs de Jeanne, et ce sera pareil pour celle de César....

Durant cet audience, j'ai été complètement désorientée.

L'avocate a fait une super plaidoirie...dans le vent.

Les grands ne veulent pas rentrer, donc, nous sommes coupables!

De quoi? Et bien, personne ne peut le dire....mais "les grands souffrent".

Le psy du foyer les trouvaient en pleine forme, sans aucune trace de souffrance psychologique. Pour deux ados qui sortent d'un climat de terreur...aucune expertise psychologique n'a été demandée.

Mais ils souffrent. Ils le disent, donc, c'est vrai.

Point barre.

Cela fut le leitmotiv de toute cette audience cauchemardesque.

C'est normal, une audience où la juge parle plus que les personnes et l'avocate????????

Mais nous récupérerons les petits. Comme prévu en juin dans le jugement.

Le temps que l'administratif se fasse...et l'administratif, avec ces histoires de transfert de département, on en aura au moins pour un mois....

Tant que le jugement se fera en France, nous ne nous en sortirons pas, l'avocate a reconnu elle-même qu'elle avait sorti toutes ces cartouches.

Tout le monde se contrefout des témoignages, des preuves de socialisation comme les clubs de sport, etc... tout ce qui compte c'est "les ados disent vivre dans un climat de terreur", ce n'est pas normal.

Aujourd'hui, si nous mentons, pour "nous en sortir" en disant "Oh ces pauv's ados terrorisés, on demande pardon". Non seulement, ce serait faux, mais ce serait invalider tous les témoignages que nous avons reçus.

Tout ce que nous sommes. Nos convistions, notre poursuite de ce que nous pouvons offrir de mieux à nos enfants. A la famille que nous formons. 

Cela ne veut pas dire que nous campons sur nos positions. Peu avant l'enlèvement, le climat familial s'était détérioré. César m'en voulait beaucoup d'avoir vu sa demande de scolarisation rejetée par l'IA, refusait de participer aux tâches ménagères (ranger sa chambre, débarasser la table); Jeanne était devenue très violente, surtout avec sa plus jeune soeur, très agressive et grossière. Marc a commencé à faire les allers-retours quotidiennenemnt ( + de 3H de transport chaque jour) pour m'aider.

Et n'a pu que constater que ces ados étaient en pleine crise. Perpétuellement au RDC, avec leur grand-mère et la tante. le Papé était hospitalisé.

La présence quotidienne de Marc commençait à produire ses effets positifs (pas facile d'être le seul parent à se fâcher et à imposer les règles de la maison...) lorsque les enfants ont été enlevés.

Bien entendu que nous nous sommes aperçus qu'il y avait un problème. Et même plusieurs. Et vraiment gros. Et nous avions entamé des démarches pour nous faire aider, accompagner.

Ce qui ne justifie en aucuns cas un placement.

Mais encore une fois, l'affaire était conclue lorsque nous sommes entrés dans la salle d'audience. ce n'était pas l'appel d'une décision, mais le procés, infini, inextinguible, de la famille Liégeois-Lauthier qui a osé pratiquer sa foi, et surtout, surtout, instruire elle-même ses enfants.....

Comment fait-on pour se défendre de "les grands disent qu'ils vivaient dans un climat de terreur et ils préfèrent rester en foyer"?

Comment fait-on pour demander de juger sur des faits, des actes, des témoignages, et non sur une "impression"; UNE parole d'ados, pris en triangulation dans une histoire de famille difficile, avec des héritages à la clé? Des ados dans un foyer, oui, mais avec l'espoir de pouvoir finir par vivre chez la tante (un appart' pour eux tout seuls, le êve de tout ado!!!!) et ce foyer, c'est une villa, dans un beau quartier, avec 8 enfants en tout, tous + jeunes, ce qui donne à césar et jeanne le droit d'avoir leur propre chambre, avec leur sdb. Il y a plus terrible, comme conditions...et tant qu'à faire, tant mieux pour eux, d'ailleurs.